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Le festival gnaoua offre aux mélomanes des moments exceptionnels

02/07/2009

Les amateurs de musique ont afflué une nouvelle fois à Essaouira pour le festival de musique gnaoua de renommée mondiale.

Par Siham Ali pour Magharebia à Essaouira – 02/07/09

[Siham Ali] Des musiciens de différents styles ont ravi les fans lors de l'édition du festival gnaoua et des musiques du monde de cette année à Essaouira, au Maroc.

La ville d'Essaouira a vibré au rythme du festival gnaoua et des musiques du monde, du 25 au 28 juin, dans une ambiance festive alternant rythmes magiques et calme spirituel. La tradition a été préservée par le célèbre défilé haut en couleur des gnaouis, qui ont paradé dans toute la ville pour annoncer l'ouverture du festival.

Ce festival, qui s'est taillé une solide réputation au niveau international, attire chaque année des mélomanes du Maroc et d'ailleurs. Le thème de cette année, "Créativité et diversité" a offert une programmation exceptionnelle.

Des maâlems gnaouis et des artistes de jazz et de musique mondiale ont enchanté un public avide de musiques originales, qui a assisté à des concerts de fusion exceptionnels et audacieux. Ce festival a confirmé son caractère spécial reposant sur le métissage des cultures et l’esprit de tolérance.

C’est d’ailleurs ce qu'a tenu à souligner la ministre de la Culture Touria Jabrane lors de la soirée d’ouverture. A travers ce festival, la ville d'Essaouira donne l'exemple d'un Maroc attaché à son passé glorieux, mais aussi tourné vers un avenir prometteur, un pays de tolérance, de liberté, de créativité.

"Cette fête de la musique constitue également un acquis pour la créativité humaine basée sur l'interaction fructueuse entre les cultures et les civilisations", a-t-elle ajouté.

Des figures emblématiques de la musique gnaoua ont offert aux spectateurs un goût de leurs talents artistiques. Mahmoud Guinea, un génie de la transe, affiche son amour pour l’art qu’il pratique depuis de longues années. Pour lui, la fusion partagée avec des musiciens étrangers n'est pas nouvelle. Elle remonte aux années 1970, lorsqu’il n’hésitait pas à monter des spectacles avec des artistes occidentaux.

Les mâalems gnaouis tiennent à préserver leur art en le transmettant de père en fils, à l'image d'Hassan Zougari, qui fait tout ce qu'il peut pour inculquer à son fils de sept ans les secrets du "métier". "La musique gnaoua est un art populaire à sauvegarder. Elle peut être utilisée à des fins thérapeutiques, lors de soirées spéciales marquées par des offrandes", explique-t-il.

Le public a exprimé son admiration pour cette manifestation spéciale qui donne à la ville d’Essaouira un charme particulier. Fabrice, un touriste français, explique avoir pris l’habitude depuis trois ans de venir assister à ce festival "caractérisé par une ambiance que l’on ne trouve nulle part ailleurs".

Aida, une habitante de la ville, explique que depuis douze ans, le festival non seulement renforce le volet culturel de la ville, mais permet aussi une dynamique touristique.

André Azoulay, conseiller auprès du Roi Mohamed VI, précise que durant le festival, l'activité économique et commerciale et les services (télécommunications notamment) enregistre des records. Il se rappelle qu'Essaouira ne comptait que 12 hôtels au moment du lancement du festival, contre 229 aujourd'hui, tandis que le nombre de restaurants est passé de 10 à 100.