Magharebia
Édité sur Magharebia‎ (http://www.magharebia.com) ‎
http://www.magharebia.com/cocoon/awi/xhtml1/fr/features/awi/features/2009/05/27/feature-01

Nouvel espoir pour la jeunesse algérienne au chômage

27/05/2009

Le Premier Ministre Ahmed Ouyahia a adressé un message rassurant à la jeunesse algérienne cette semaine, en leur disant que le Gouvernement travaillait dur à la création de nouvelles opportunité d'emploi. Il a affirmé que ces mesures allaient promettre un avenir meilleur que les vergers de Barcelone et les chantiers de Marseille.

Par Mouna Sadek pour Magharebia à Alger – 27/05/09

[Getty Images] Le Premier Ministre algérien Ahmed Ouyahia a déclaré lundi à la jeunesse de la nation que son Gouvernement travaille dur pour résoudre le problème du chômage.

Le Gouvernement algérien presse une fois encore la jeunesse à chercher fortune chez elle. Face au problème croissant de l'immigration clandestine vers l'Europe, causée par le manque d'emplois disponibles à travers tout le pays, les responsables ont offert de nouvelles assurances aux jeunes algériens, selon lesquelles ils seront en mesure de trouver la prospérité dans leur propre pays.

Dans sa présentation du plan d’action du Gouvernement devant les députés de l’Assemblée populaire nationale (APN), lundi 25 mai, Ahmed Ouyahia a promis de donner plus de chances aux "Harragas" potentiels, prêts à tous les sacrifices pour gagner le rêve européen, mais il a également rappelé que les opportunités n'étaient souvent pas plus séduisantes en Europe.

"Vous qui partez clandestinement vers d’autres pays", a dit Ouyahia, " le meilleur d’entre vous décrochera un emploi saisonnier pour cueillir des oranges en Espagne ou un emploi de maçon en France. Nous avons de plus belles ambitions pour vous. Votre pays est l’Algérie."

La Fonction publique n’étant plus en mesure d’absorber le flux de chômeurs, le Gouvernement a développé d'autres mesures pour lutter contre le chômage, notamment le développement des petites entreprises.

Des terrains seront ainsi alloués aux jeunes dans les zones industrielles, et programme la création d’une caisse d’appui à l’investissement et de cellules de conseil. Il s’agit, selon Ouyahia, de "réhabiliter la valeur de l’effort ".

Certains se sont interrogés sur le plan d’action du Gouvernement, car il y a 1,2 millions de chômeurs et trois millions de nouveaux emplois proposés. "Le fait est que nous pensons à l’avenir," dit-il. "Chaque année, 400.000 jeunes diplômés sortent des universités, augmentant ainsi le nombre de chômeurs"

Le leader rappelle que pas moins de 300.000 emplois ont été crées toute au long de l'année venant de s'écouler, et il a également annoncé qu’une prime de 12.000 DA sera accordée aux jeunes qui préparent leur doctorat et qui n’ont pas d’autres revenus.

Dans une étude réalisée par l'institution économique du CREAD (Centre de recherche en Economie Appliquée pour le Développement), il apparaît que le marché du travail reste foncièrement "anti-jeunes".

Le chômage des jeunes reste, selon ce rapport, supérieur à 20% tandis que le chômage des adultes se situe dans la fourchette de 6 à 7%.

"Parmi les jeunes, ce sont généralement les jeunes filles citadines qui sont les plus discriminées sur le marché du travail avec des taux supérieurs à 30%", explique Mohamed Saib Musette, chercheur au Cread.

La débrouillardise est ainsi devenue le maître-mot des jeunes chômeurs.

" Une très forte dynamique du secteur informel est observée notamment dans les villes ou la déqualification est légion", écrit dans cette étude M. Musette.

"Le chômage juvénile et le sous-emploi des jeunes ne sont pas sans incidence sur les comportements sociaux des jeunes", continue-t-il, ajoutant que la frustration est souvent tellement forte chez de nombreux individus qu'ils choisissent de quitter clandestinement le pays ou de répondre aux appels venus de l'étranger, réclamant des travailleurs dans des professions spécifiques.

"La majorité de ceux qui partent légalement, ce sont ceux qui ont des compétences", estime Nabil Boubkeur, membre de l’association Rassemblement actions jeunesse (RAJ). " Ceux là ne seront pas des employés saisonniers ni maçons. Ils vont faire le bonheur des entreprises et des universités étrangères. "

Boubkeur ajoute que pour ceux qui restent, l'avenir n'est pas aussi brillant. "La question est de savoir si la catégorie de ces jeunes, qui sont au plus bas de l’échelle, va réellement bénéficier des dispositions promises. Il faut beaucoup plus qu’un simple discours pour rendre l’espoir aux jeunes".

Mourad, 27 ans, a tenté de monter son entreprise pour échapper au chômage. " J’ai tapé à toutes les portes à l’Anem, à l’Ansej et à l’Angem, elles étaient toutes fermées. On sait bien que le problème réside dans les banques. Les financements des projets sont bloqués."

Devant faire face au stress du chômage permanent, Mourad ajoute : "Si je devais trouver un moyen légal pour partir, n’importe où, je n’hésiterai pas".

Son frère, Rahim, étudiant en sciences commerciales, est plus optimiste : « De plus en plus d’entreprises étrangères s’installent en Algérie. Avec un peu de chance, on pourra décrocher un emploi ".