14/11/2008
Des officiels venus d'Algérie, de Libye, du Mali, du Burkina Faso, du Niger et du Tchad se sont réunis cette semaine au Mali pour planifier une stratégie unifiée dans la lutte contre le crime et le terrorisme au Sahel
Par Said Jameh pour Magharebia à Alger – 14/11/08
![]() [Getty Images]Moctar Ouane, Ministre malien des Affaires Etrangères, maintient que les groupes terroristes sont responsables du manque de prospérité dans la région du Sahel. |
A l'issue d'une réunion de deux jours organisée à Bamako, des responsables venus de plusieurs pays du Sahel et l'Algérie ont appellé, mardi 11 novembre, à l'intensification des efforts et de la coopération dans la lutte contre toutes les formes du crime organisé, dont le terrorisme et les trafics.
Abdelkader Messahel, Ministre d'Etat algérien du Maghreb et des Affaires Africaines, a qualifié la rencontre, qui réunissait les Ministres des Affaires Etrangères de la Libye, du Mali, du Burkina Faso, du Niger et du Tchad, d'étape importante vers une coopération de proximité entre les nations de la région. La Mauritanie n'avait pas été invitée à la réunion, en raison du Coup d'Etat qui a renversé son Président démocratiquement élu.
Cette rencontre a servi à préparer un sommet à venir des Chefs d'Etats du Sahel qui portera sur la "sécurité, la paix et le développement" dans la région.
"La rencontre aidera à construire les fondations d'une coopération forte entre les pays du Sahel, pour les aider à affronter les groupes terroristes et toutes les formes du crime organisé", a déclaré le Ministre malien des Affaires Etrangères Moctar Ouane aux journalistes. Il maintient que les groupes terroristes, tout comme les réseaux criminels et de trafic, sont à l'origine du manque de prospérité dans la région.
Le quotidien malien d'Etat Lessor a appelé, le 12 novembre, les pays de la région à mettre ensemble en place une "stratégie unifiée" pour faire face aux problèmes de la région, dont il affirme qu'ils entravent son développement.
Messahel a dit que cette réunion avait été organisée en réponse à l'invitation du Président malien Amadou Tounami Toure, à la suite des activités terroristes et des opérations de trafics qui ont eu lieu dans la région au cours de ces dernières années. Messahel s'est référé à la crise dans le nord du Mali, entre les forces gouvernementales et les rebelles touaregs. L'Algérie a agi comme médiatrice entre les deux parties, parrainant un accord de paix en juillet 2006 à Alger.
La région du Sahel a également subi une activité croissante de la part de l'Organisation Al Qïda au Maghreb Islamique, qui avait cette année enlevé deux touristes autrichiens, détenus sur le territoire malien. Ils ont été libérés le 30 octobre.
Les Ministres se sont accordés sur un document s'intéressant à la création d'un "mécanisme de coopération pour lutter contre le terrorisme, le crime organisé, l'immigration clandestine et les trafics".
Ce document sera présenté aux Chefs de l'Etat lors du sommet présidentiel de Bamako.
Selon Messahel, le terrorisme a rendu impératif que les pays du Sahel "s'organisent aux-mêmes et se mettent en quête de solutions conjointes à travers la combinaison des capacités".
Il dit que le plan conjoint comprend la coopération dans le contrôle aux frontières et l'échange d'informations. Il appelle également au développement des activités commerciales par des chaînes légitimes afin de combattre le trafic, qui finance les organisations terroristes.