11/11/2008
La Tunisie a reçu durant tout le week-end des experts sur la politique publique et les questions environnementales, afin d'évoquer les moyens qui permettraient la coopération des régions arabes et méditerranéennes dans la lutte contre le changement climatique et le renforcement de la sécurité humaine.
Par Mona Yahia pour Magharebia à Tunis – 11/11/08
![]() [Getty Images] Habib Ben Yahia, Secrétaire-Général de l'Union du Maghreb arabe (AMU), déclare lors d'une conférence à Tunis qu'une stratégie environnementale partagée est cruciale dans la région. |
Des responsables de la région du Maghreb et des experts environnementaux cherchent à promouvoir une vision commune arabo-méditerranéenne entre les gouvernements, les organisations et les individus, afin faire face aux catastrophes écologiques et de minimiser leurs impacts.
C'était la teneur de la position qui s'est affirmée le samedi 8 novembre, lors d'une conférence de deux jours qui s'est déroulée à Tunis. Selon les personnes présentes, la coopération à ce niveau est essentielle pour assurer la sécurité environnementale et humaine, et pour améliorer les conditions de vie dans la région.
Cette conférence, organisée par l'Association du Réseau Méditerranéen pour le Développement Durable (ARREMED) en collaboration avec le Réseau Arabe pour l'Environnement et le Développement (RAED), a également évoqué les dimensions stratégiques et légales de la sécurité de l'environnement dans les sphères arabes et méditerranéennes, ainsi que le rôle de la recherche scientifique et de la technologie dans ce secteur.
"L'environnement est une question globale ; l'air, l'univers et la terre sont les propriétés du monde entier. En tant qu'états arabes, nous devrions nous engager dans la consultation, échanger les délégations et les informations, et entreprendre des projets conjoints pour faire face aux dangers qui menacent l'environnement," note Souzan Zaki, délégué de la Société des Amoureux de l'Environnement d'Egypte.
Habib Ben Yahia, Secrétaire-Général de l'Union du Maghreb arabe (AMU), dit que la sécurité environnementale est un point stratégique, et remarque qu'elle devrait être intégrée dans les politiques nationales, régionales et internationales de sécurité. Il souligne l'importance d'un plan d'action du Maghreb visant à protéger l'océan et à lutter contre la pollution.
Le communiqué de clôture de la conférence de Tunis appelle à un partenariat renforcé entre les Gouvernements et le secteur privé, afin d'atteindre les objectifs en terme de sécurité environnementale, de développer les organisations de la société civile, d'étendre la sensibilisation aux problèmes de l'environnement tout comme les programmes de contrôle, en plus de l'utilisation de l'expérience arabe et de l'échange des expertises.
Le document encourage également la lutte contre le changement climatique, soutenant les efforts déployés par le Réseau Arabe pour l'Environnement et le Développement (RAED).
Les participants de la conférence ont également demandé de poser des politiques unifiées en relation avec la sécurité environnementale, ils ont souligné l'importance du renforcement des partenariats en matière de recherche scientifique entre les pays arabes, de la détermination tous les risques existants et potentiels afin d'évaluer leurs coûts, ainsi que la restauration du respect de la loi internationale, à travers l'implantation des résolutions de l'ONU, et ce afin d'avancer vers la sécurité environnementale dans les régions de tension, et notamment dans la région arabe.
Le Gouvernement tunisien avait précédemment appellé les états arabes à coopérer sur la question du changement climatique le 14 octobre 2007, à l'occasion de la Journée arabe de l'Environnement, qui s'était tenue sous le slogan "le Climat Change, soyons prêts." En signe de son engagement, la Tunisie avait alloué 1.2% de son PIB à la résolution de problèmes de type environnementaux.
Tatiana Hama, representante du Plan d'Action Méditerranéen, a souligné que la Tunisie a récemment signé un nouveau protocole sur la protection du littoral, préparé dans le cadre du Plan d'Action Méditerranéen. La Tunisie fait partie des 21 pays méditerranéens qui ont rejoint cette initiative depuis sa création, il y a 30 ans.
Aujourd'hui, la désertification menace presque 70% de la région arabe et 65% des terres cultivables en Afrique.
Mondher Zenaidi, Ministre tunisien de la Santé, a demandé la création d'un partenariat effectif avec la société civile afin de promouvoir la sensibilisation sur les questions environnementales, soulignant que le nombre d'associations oeuvrant dans ce domaine est passé de 5 en 1988 à 220 en 2008.