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La nouvelle année scolaire porteuse d'espoirs pour les enseignants mauritaniens

28/10/2008

Enseignants et élèves mauritaniens attendent avec impatience la nouvelle année scolaire. Le gouvernement a promis de traiter les difficultés et de résoudre les problèmes.

Par Mohamed Yahya Ould Abdel Wedoud pour Magharebia à Nouakchott – 28/10/08

[File] L'an dernier, les élèves de Mauritanie avaient souffert d'une longue grève des professeurs, avec près de 80 pour cent des enseignants qui avaient abandonné les salles de cours.

La nouvelle année scolaire a débuté en Mauritanie sous un sentiment général d'optimisme. Le gouvernement a en effet promis aux enseignants un meilleur traitement et la prise en compte des difficultés qu'ils rencontrent, et les professeurs se sont pour leur part engagés à assurer une année entière d'enseignement. Le ministre de l'Education Nationale Ahmed Ould Abah a déclaré dans un discours devant des élèves et des enseignants le 12 octobre que cette année, son ministère avait mis en oeuvre l'ensemble des moyens et répondu aux besoins nécessaires pour améliorer le secteur de l'éducation dans le pays.

"Pour la première fois", a-t-il déclaré, "chaque élève recevra un sac contenant les fournitures scolaires indispensables, et les programmes seront mis à la portée des enseignants."

En début d'année, les syndicats d'enseignants en Mauritanie avaient déclenché une grève de 45 jours pour protester contre les mauvaises conditions de travail, exiger de meilleurs salaires et une révision de la législation sur les promotions. Le gouvernement de l'époque avait déclaré refuser de céder au chantage et ne pas souhaiter négocier avec les syndicats. Il avait suspendu les salaires des professeurs, mais avait accepté de se pencher sur leurs revendications.

"Le ministère fera tout son possible pour améliorer le statut des professeurs, tant financièrement que moralement", a déclaré M. Ould Abah lors de son allocution, confrmant les promesses antérieures du gouvernement. "Nous sommes tenus de le faire, d'apporter une réponse aux syndicats d'enseignants. Le ministère versera par ailleurs la partie du salaire des enseignants qui avait été retenue l'an dernier du fait de la grève."

Les syndicats ont accueilli favorablement cette compréhension par le ministère de leurs revendications de l'an passé, et ont déclaré s'attendre à une nouvelle année scolaire marquée par l'engagement et le travail.

Mohammed Ould Rabani, secrétaire général du syndicat des enseignants, a expliqué que son mouvement se félicitait de "la réaction positive du ministère aux revendications de la communauté éducative. Nous espérons de plus amples consultations sur les moyens d'améliorer les conditions de travail."

"Je pense que la restitution de notre salaire est d'abord une affaire morale, mais aussi une mesure pratique", a déclaré Ahmed Talib, enseignant dans le secondaire. "Elle témoigne de la renonciation par le ministère à la politique de dissuasion qu'il avait adoptée dans le passé, et qui ne servait ni les élèves ni les professeurs qui cherchaient à améliorer la situation. Cela ne suffit naturellement pas, parce que nos exigences n'ont pas encore été satisfaites, mais c'est un bon début."

Pour leur part, les élèves sont également impatients. Lors de la grève de l'année dernière, ils s'étaient beaucoup inquiétés de l'enseignement reçu, alors que les estimations montraient que 80 pour cent des professeurs du pays étaient en grève.

"J'ai le sentiment que cette année sera très spéciale, du fait de l'atmosphère de compréhension qui semble prévaloir entre les différents éléments des milieux de l'enseignement", a expliqué Mohammed al-Fath, un lycéen. "Nous avons vu comment la grève avait entraîné l'échec de nombreux élèves l'an dernier." Al-Fath est en dernière année de secondaire. Il passera le baccalauréat à la fin de l'année, et est désormais plus confiant dans le système éducatif, admet-il. Il est déterminé à réussir.

"Deux de mes frères ont réussi lors du bac de l'an dernier, et j'espère bien faire comme eux. C'est toujours bien de gagner son pari et de réaliser ses rêves."