24/10/2008
La quatrième commission de l'assemblée générale des Nations Unies a publié une nouvelle résolution sur le conflit du Sahara Occidental entre le Maroc et le Polisario. Chacune des parties affirme que cette résolution sert ses intérêts.
Par Naoufel Cherkaoui pour Magharebia à Rabat – 24/10/08
![]() [Getty Images] Le ministre marocain des Affaires Etrangères Taieb Fassi-Fihri a déclaré que la nouvelle résolution des Nations Unies sur le Sahara Occidental est favorable à la proposition d'autonomie présentée par le Maroc. |
La quatrième commission de l'assemblée générale des Nations Unies a approuvé mardi 21 octobre un projet de résolution qui exigera que les parties au conflit sur le Sahara Occidental "continuent de faire preuve de volonté politique et travaillent dans une atmosphère propice au dialogue, afin de pouvoir entamer une phase de négociations plus intensive".
L'assemblée se dit également prête à soutenir le processus de négociations "dans le but de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l'auto-détermination du peuple du Sahara Occidental".
Le Maroc a accueilli favorablement cette résolution, affirmant que ce document soutient la proposition d'autonomie sarahouie présentée par le royaume.
"En adoptant cette résolution, la quatrième commission des Nations Unies... a procédé à une véritable reformulation des résolutions adoptées depuis 1965", a déclaré le ministre marocain des Affaires Etrangères, Taieb Fassi-Fihri, à la presse.
M. Fassi-Fihri a ajouté que cette décision soutient "un fait confirmé par toute la communauté internationale, à savoir que l'autonomie est une forme moderne d'auto-détermination selon les dispositions de la législation internationale et des pratiques onusiennes".
Cette résolution confirme la centralisation des négociations déclenchées aux termes de la résolution 1754 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, a poursuivi le ministre, qui avait été émise en avril 2007 pour venir étayer la présentation par le Maroc de sa proposition d'autonomie.
Le Front Polisario a interprété cette nouvelle résolution de manière différente, estimant qu'elle constitue la reconnaissance par la communauté internationale du droit à l'auto-détermination du peuple sarahoui.
"Par cette résolution", a déclaré Mohamed Ould Salek, membre du Polisario, "la communauté internationale a réitéré que toute solution politique juste doit garantir l'exercice du droit à l'auto-détermination et à l'indépendance du peuple sarahoui, en conformité avec les principes et les résolutions des Nations Unies concernant la décolonisation."
Le Front a appelé le Maroc à "arrêter de pratiquer la politique du statu quo et de blocage du référendum pour l'auto-détermination, qui constitue la seule et véritable voie pouvant conduire à un règlement juste et permanent."
L'Algérie s'est félicitée de cette résolution pour le soutien qu'elle apporte au droit à l'auto-détermination pour le peuple sarahoui.
Dans un communiqué publié par l'agence de presse sarahouie, le ministère algérien des Affaires Etrangères a déclaré : "L'Algérie se félicite de la publication de cette nouvelle résolution qui réitère clairement le caractère adéquat de la résolution adoptée par l'assemblée générale, conforme à la Charte des Nations Unies, et à la résolution 1514 du Conseil de Sécurité, qui appelle à l'indépendance des peuples et des Etats colonisés."
Le leader du Polisario Mohammed Abdelaziz avait déclaré mardi dernier qu'il renconterait le Secrétaire Général Ban Ki-moon le 4 novembre à New York "pour entamer des négociations constructives et fructueuses avec le Maroc".
"Lors de cet entretien, nous parlerons de la possibilité d'organiser un référendum libre, juste et équitable visant l'auto-détermination du peuple sarahoui", a déclaré M. Abdelaziz.
"Le Front est prêt à négocier", a-t-il souligné, ajoutant que son organisation avait accepté le nouvel envoyé proposé par les Nations Unies, Christopher Ross.
Selon Taj Eddine El Houssaini, professeur de droit à l'Université Mohammed V, l'importance de cette nouvelle résolution réside dans son "cadre d'accord, ainsi que dans le cadre de décision sur une demande visant à se conformer aux précédentes résolutions adoptées par le Conseil de Sécurité".
"Elle a également reçu le soutien des Etats-Unis et de l'Union Européenne", a-t-il expliqué.
Concernant les futures négociations entre le Maroc et le Polisario, il a ajouté : "La prochaine étape présentera des difficultés pour les deux parties, avec l'annonce prochaine du nouvel envoyé spécial des Nations Unies Christopher Ross, qui a été accepté à la fois par l'Algérie et le Polisario, tandis que le Maroc émet encore quelques réserves."
"Cela est dû au fait que le Maroc ne souhaite pas que les négociations repartent de zéro", a affirmé le professeur El Housseini, "car il considère les résultats des négociations antérieures obtenues sous les auspices de l'ancien envoyé spécial Van Walsum comme une sorte d'acquis, en particulier pour ce qui concerne la demande d'indépendance du Sahara jugée irréaliste."