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Les bloggeurs tunisiens font pression pour une journée nationale de défense de la liberté des blogs

16/10/2008

Les bloggeurs tunisiens espèrent fonder une journée nationale pour défendre la liberté de blogger face à la censure, mais des critiques affirment que cet effort sera vain.

Par Jamel Arfaoui pour Magharebia à Tunis – 16/10/08

[Facebook] Les coordinateurs d'un nouveau groupe de Facebook défendant le blog en Tunisie espèrent compter 1000 membres au 4 novembre.

Des douzaines de bloggeurs et d'utilisateurs du site Facebook en Tunisie se sont regroupés pour promouvoir l'idée d'une journée nationale de défense de la liberté d'expression.

Un certains nombre de bloggeurs on initié, sur Facebook, le groupe "4 novembre : Une Journée Nationale de la Liberté d'Expression". Le groupe mène maintenant une campagne visant à promouvoir cette idée. En deux semaines, ce sont 300 personnes qui se sont jointes à cette cause, notamment des activistes des droits de l'Homme et des militants politiques. Selon le groupe, l'objectif est de rassembler un millier de membres au 4 novembre.

Le choix du 4 novembre n'est pas un fait du hasard ; les bloggeurs ont décidé de cette date en solidarité avec le journaliste Zied El Heni, qui a intenté un procès à l'Agence Tunisienne d'Internet (ATI), l'accusant de bloquer l'accès de Facebook en Tunisie. Le tribunal révisera cette affaire le 4 novembre.

"Cette poursuite judiciaire,", dit Lina ben Mhenni, bloggeuse, "est devenue celle de tous les utilisateurs d'Internet en Tunisie en général, et des bloggeurs en particulier, qui ont été les premiers à rejoindre le mouvement".

L'accès à Facebook avait été interrompu dans le pays au mois d'août mais rendu le 2 septembre, volte-face que de nombreuses personnes attribuent à une demande du Président Zine El Abidine Ben Ali.

Mohammed Ben Ameur, manager à ATI, a nié publiquement que le blocage du service ait été volontaire, et l'a attribué à des questions techniques.

"Nous avons saisi l'opportunité offerte par le procès pour lancer une campagne médiatique intensive et coordonnée pour mettre en exergue la censure, l'interdiction et le blocage de sites Internet tunisiens par l'ATI, dit le journaliste et bloggeur Sofiene Chourabi.

Plusiers blogs ont été interdits en Tunisie ces deniers temps, comme farda-we-laqat-okhtaha, perturbateur, naqed, radio 6, radion entre autres.

"Cette politique de blocage a causé du mal à la réputation de la Tunisie et de ses élites, nous sommes devenus la risée de nombreux autres pays, elle n'a pas été bénéfique à notre pays d'aucune manière", dit Chourabi, membre du nouveau groupe et auteur du blog farda-we-laqat-okhtaha, qui avait déjà été rendu plusieurs fois inaccessible.

Le groupe se mettra en contact avec des ONG luttant pour la liberté de parole afin d'obtenir leur l'aide. Chourabi déclare qu'un certain nombre de ces organisations ont déjà promis leur soutien et qu'elles publieront des communiqués l'affirmant. Un autre objectif, ajoute Chourabi, est de faire prendre conscience aux tunisiens des dangers de la restriction de la liberté d'expression.

Khalid Hachemi donne un point de vue différent. Il dit qu'Internet, plus que jamais, doit se soumettre à la censure, pour de bonnes raisons.

"Je soutiens les autorités dans leur surveillance d'Internet", déclare-t-il, parce que ce réseau est devenu un danger menaçant les comportements et la morale de nos enfants".

Hachemi pense que ce groupe n'aura guère d'efficacité, et n'a pas le pouvoir de changer quoi que ce soit.

"Je crois que c'est un pas important," dit Meriem Ammemi. "IL ouvre la voie à une nouvelle mentalité, qui recourt aux moyens pacifiques disponibles pour défendre la liberté de surfer sur Internet".

"Il n'est plus acceptable ou permis à quiconque, indépendamment des pouvoirs de chacun, de nous dire que lire ou où aller".