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Des radios marocaines accusées d'avoir enfreint la loi

02/10/2008

Deux radios marocaines se voient contraintes de suspendre leur diffusion et de payer des amendes pour avoir diffusé des programmes "sexuellement explicites" et des "publicités clandestines".

Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat -- 02/10/08

[Sarah Touahri] Deux stations de radio marocaines ont été condamnées par la HACA après que celle-ci eut jugé qu'elles avaient diffusé des programmes "sexuellement explicites" et des "publicités clandestines".

Deux stations de radio marocaines seront interdites de diffusion pendant plusieurs heures chaque jour et devront s'acquitter d'amendes, après avoir été reconnues coupables de ne pas avoir respecté le code d'éthique de la radiodiffusion.

La Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA) a jugé que Hit Radio avait diffusé des propos "sexuellement explicites" et des contenus "pornographiques" lors de son émission "Libre Antenne".

Elle devra donc suspendre ses émissions sur les ondes hertziennes et sur l'internet entre 20 heures et minuit pendant quinze jours.

Une autre station, Chada FM, s'est vue condamner à payer une amende de 35 000 dirhams et à suspendre ses émissions entre midi et 13 heures pendant sept jours. La HACA a en effet accusé la station d'avoir diffusé des "publicités clandestines" durant l'une de ses émissions.

Cette "publicité" a profité à un promoteur immobilier, a tranché la HACA.

Les statuts interdisent à des journalistes de participer à toute forme de publicité commerciale, précisant qu'ils ne doivent pas être perçus comme soutenant et servant les intérêts exclusifs de groupes ayant des intérêts politiques, ethniques, économiques, financiers ou idéologiques. En conséquence, la HACA a estimé que Chada FM agissait en violation de la loi.

Bien que les stations de radio soient libres de diffuser et de choisir leurs émissions, cette "liberté doit s'exercer dans le respect de la dignité humaine, des valeurs religieuses, de l'ordre et de la moralité publics", a tranché la HACA. Aux termes de la loi sur la radiodiffusion, l'opérateur doit "assurer, en toutes circonstances, la maîtrise de son antenne, et particulièrement lors des émissions interactives ciblant le jeune public".

La HACA dispose d’un département de suivi des programmes comptant 30 personnes disposant de moyens techniques permettant de suivre tout ce que diffusent les radios et les télévisions au Maroc. Leur mission consiste à établir un rapport de non-respect ou d’infraction à la législation ou à la déontologie professionnelle prévue par le cahier des charges.

Le président de Hit Radio Younes Benmehdi a déclaré que cette sanction était sévère et aura des conséquences néfastes sur la station.

"On va perdre le tiers de notre chiffre d’affaires", a-t-il déclaré, "soit 400 000 dirhams pour le mois d’octobre. Les annonceurs peuvent également demander des remboursements. Notre projet de créer une chaîne de télévision pourrait également être affecté."

L'émission Libre Antenne avait été condamnée à une amende de 100 000 dirhams pour des charges similaires l'an dernier. En août, la station avait décidé de retirer cette émission de sa grille de programmes.

La station s'attend à perdre 200 000 dirhams par suite de la suspension de diffusion.

Mohamed Brahmi, professeur en science de communication, explique qu'il est encore trop tôt pour évaluer les résultats des nouvelles radios privées, auxquelles revient un mérite, celui d'avoir réconcilié l'auditeur avec la radio. "Il aurait fallu recourir à des avertissements et à des amendes sans suspendre l’antenne, car c’est un coup mortel porté aux stations."