28/09/2008
Trois ans après la mise en oeuvre du projet, le projet du Maroc de rendre obligatoire l'assurance maladie dans la fonction publique s'avère un succès. Si les experts affirment que la situation peut encore s'améliorer, de nombreux bénéficiaires se déclarent très satisfaits.
Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 28/09/08
![]() [Sarah Touahri] Le directeur de la CNOPS Abdelaziz Adnane (à gauche) et le Ministre de l'Emploi Jamal Aghmani ont fait part de leur satisfaction sur le régime d'assurance maladie obligatoire mis en place par le Maroc, en dépit de ses limites. |
Cela fait maintenant trois ans que l'assurance maladie est obligatoire dans le secteur public, et selon la Caisse Nationale des Organismes de Prévoyance Sociale (CNOPS), ce nouveau régime a tenu ses promesses, en dépit de certaines limitations.
Le directeur de la CNOPS Abdelaziz Adnane a récemment répondu aux craintes du public selon lesquelles la caisse serait affectée par une pénurie de fonds à moyen terme. Avec l'introduction de l'assurance maladie obligatoire, les ressources financières de cette caisse ont presque doublé, pour atteindre plus de 3,2 milliards de dirhams en 2007. Les responsablent affirment que cette augmentation des ressources permettra d'améliorer le fonctionnement de la caisse.
Toutefois, des problèmes subsistent, tels que l'augmentation des prix des médicaments et l'emploi encore limité de médicaments génériques.
M. Adnane a demandé au Ministère de la Santé de revoir sa politique de médicaments, notamment la marge de bénéfice qui atteint 30 pour cent du prix des médicaments. Une autre difficulté concerne le vieillissement de la population marocaine. Avant la mise en place de l'assurance maladie obligatoire, les retraités ne représentaient que 16 pour cent des personnes assurées. Ils sont aujourd'hui 22 pour cent.
Le Ministre de l'Emploi Jamal Aghmani a déclaré que des efforts importants avaient été consentis pour garantir la qualité des services. Il envisage de poursuivre ces efforts en étendant le régime à de nouvelles catégories de personnes, en particulier les étudiants et les professionnels comme les médecins et les ingénieurs.
M. Aghmani a ajouté que la CNOPS avait grandement amélioré sa gestion du régime d'assurance maladie obligatoire dans le secteur public, y compris le traitement des demandes et l'offre de meilleurs soins aux patients. Depuis la mise en oeuvre de ce plan, le nombre de médicaments remboursables est passé de 1 000 à 2 497, et la mise en oeuvre d'un système informatique a permis de faire passer les temps d'attente de remboursement de plusieurs mois à moins d'un mois.
La CNOPS explique que les restrictions ont également été levées dans 87 pour cent des opérations et que les accords de prise en charge de couverture des dépenses médicales sont passés de deux à cinq ans pour les patients souffrant de cancers, de diabète et d'hypertension. En trois ans, 700 000 nouveaux bénéficiaires ont bénéficié d'une couverture, portant le nombre total des bénéficiaires de l'assurance à 3,2 millions de personnes.
Fatima Ben Cherif, qui est l'une des bénéficiaires de ce plan, se déclare satisfaite.
"Avant, je n’étais pas assurée. Je ne consultais pas le médecin, même quand j’étais malade. Les choses sont différentes depuis trois ans. Je suis remboursée dans un délai de deux mois", explique-t-elle.
Siham Bouhafa explique que le nouveau site web de la CNOPS permet aux personnes de suivre le traitement de leurs demandes et de savoir sous combien de temps elles seront remboursées.
"Cela allège les queues interminables aux sièges de la CNOPS pour demander une information", explique-t-elle. "On espère que prochainement, le paiement se fera aussi en ligne."