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L'Algérie renforce les contrôles aux frontières

27/08/2008

Le gouvernement algérien a adopté une nouvelle loi visant à renforcer la surveillance des frontières et à améliorer les communications entre les autorités des Douanes et la gendarmerie.

Par Achira Mammeri pour Magharebia à Alger – 27/08/08

[Achira Mammeri] Le gouvernement algérien envisage de mettre en place 85 nouveaux postes frontières pour lutter contre la contrebande qui permet de financer le terrorisme.

Pour tenter de resserrer les mailles du filet sur les terroristes, l'Algérie a adopté le 3 août une nouvelle loi autorisant la création de quatre-vingt-cinq nouveaux postes frontières. Ces nouveaux postes de sécurité seront gérés conjointement par les Douanes et la gendarmerie, pour tenter de faciliter le partage d'informations entre elles et de coordonner leurs efforts de lutte contre les trafics en tous genres, dont beaucoup servent à financer le terrorisme.

Le Ministre des Finances Mohamed Abdou Bouderbala a déclaré dans un entretien avec le magazine El Djeich que "[a]u vu de l'immense superficie du pays, de la longueur de ses frontières et du type de trafics qui se développe en particulier dans le sud, la Gendarmerie nationale doit être capable de lancer des opérations terrestres qui lui permettent de lutter contre ces trafiquants."

L'inspecteur général des Douanes M. A. Mahrache a déclaré au Quotidien d’Oran dimanche 24 août que le gouvernement envisage d'acheter plusieurs hélicoptères pour pouvoir "couvrir de vastes étendues désertiques que les unités mobiles classiques ne peuvent couvrir."

Ain Sefra, Tindouf, Biskra, Tamanrasset, Djanet, Timimoun Bechar et Tlemcen sont autant de points chauds du trafic d'armes, de carburant, de bétail et de drogues.

Des incidents impliquant des trafiquants sont quasi-quotidiens aux frontières est, ouest et sud de l'Algérie, et beaucoup semblent se produire sans même être détectés par les autorités.

Le 19 août, les autorités algériennes ont récupé 324 litres de carburant abandonnés par les trafiquants à la frontière est, près d'Ain Zerga et d'El Metidja dans la wilaya de Tebessa. Deux jours plus tard, à la frontière sud, les gardes frontaliers de Borj-Badji Mokhtar ont arrêté deux trafiquants au volant d'un véhicule rempli de 2 600 paquets de cigarettes, 430 rouleaux de fil électrique et 600 bouteilles de lubrifiant, qui se dirigeaient vers Debdeb, sur la commune d'Illizi.

Le 23 août, la police de la frontière sud-ouest près de Bechar a ouvert le feu contre trois trafiquants qui tentaient de faire passer trente-huit dromadaires au Maroc, après qu'ils n'eurent pas obtempéré à l'ordre de s'arrêter. Deux d'entre eux furent légèrement blessés, le troisième arrêté. Le même jour, les gardes frontière de la région de Tlemcen ont récupéré 2 820 litres de carburants abandonnés par les trafiquants à la frontière.

"Cela est très dangereux, quand on se rappelle qu'il existe des liens entre les trafiquants et les groupes terroristes", a expliqué à Magharebia Abderahim Saber, journaliste et spécialiste des questions de sécurité.

"L'argent de la drogue finance le terrorisme", a affirmé à des journalistes Abdelmale Sayeh, le directeur de l'Office National de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie, sur la base de renseignements fournis par des terroristes.

Saber a cité le cas de l'ancien leader du GSPC au Sahara, Mokhtar Belmokhtar.

Ce terroriste "avait commencé à se spécialiser dans le trafic après avoir été mis à l'écart du GSPC", a-t-il expliqué.

"Les frontières sud de l'Algérie sont le fief de la mafia des cigarettes, des trafiquants d'armes et des groupes armés. Des véhicules 4x4, des cigarettes, de la marijuana et même des armes rapportent chaque année à ces groupes des millions, si ce n'est des milliards", a ajouté Saber, affirmant que la région du sud bénéficiait également de l'assistance des Touaregs.