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Le Maroc se remet à l'heure d'hiver pour le Ramadan

26/08/2008

Le Maroc a décidé de mettre un terme prématuré à l'heure d'été, de manière à répondre aux horaires de la prière et du jeûne durant le mois du Ramadan.

Par Imane Belhaj pour Magharebia à Casablanca—26/08/08

[Getty Images] Pour répondre aux horaires du Ramadan, le Maroc a décidé d'abandonner l'heure d'été plus tôt que prévu cette année.

Lundi 1er septembre, le Maroc retardera les pendules d'une heure par rapport à l'heure GMT, renonçant à l'heure GMT +1 entrée en vigueur le 1er juin.

La décision d'adopter l'heure d'été, pour la première fois depuis 1989, avait été annoncée en mai comme une mesure d'économie d'énergie et une occasion d'harmoniser les communications internationales entre les banques, les compagnies aériennes et les autres secteurs de l'économie.

Alors que le retour à l'heure GMT normale était à l'origine prévu pour le 27 septembre, l'heure d'été sera abandonnée plus tôt cette année, le 1er septembre, pour répondre aux besoins de la population durant le mois du Ramadan, a fait savoir le Ministère de la Modernisation du Secteur Public dans un communiqué.

A l'annonce de cette décision, plusieurs personnes et journaux ont critiqué le gouvernement marocain pour ne pas avoir pris plus tôt en compte les implications du Ramadan. L’Economiste avait considéré cette décision hâtive comme un "changement improvisé et hasardeux".

Chafik Allali, un technicien des médias, se fait l'écho du journal, affirmant que cette décision d'avancer les pendules de soixante minutes n'avait pas été bien étudiée et qu'il serait donc plus judicieux de revenir à l'heure habituelle avant la date limite fixée par le gouvernement.

Abdelkhalek Tazi, un fonctionnaire, a déclaré à Magharebia que lorsque le gouvernement avait décidé de lancer l'heure d'été en juin, il n'avait pas tenu compte des heures des prières, de l'iftar, du sohour, du travail et de l'école durant le mois sacré du Ramadan. Un simple calcul aurait montré que les heures du jeûne seraient plus longues, a précisé Abdelkhalek.

Même son de cloche chez Malika Skhifi, une mère au foyer, qui affirme que cette heure supplémentaire l'aurait troublée et rendu le jeûne plus long et plus difficile. Le travail aurait commencé plus tôt et l'iftar aurait débuté à 20h20 au lieu de 19h20. Les prières du tarawih et de l'ishaa auraient eu lieu aux alentours de 23 heures ou même plus tard.

Le Maroc avait déjà par deux fois adopté l'heure d'été : du 16 mars 1984 au 1er octobre 1985, puis une nouvelle fois en juin 1989. Selon le Ministre de la Modernisation du Secteur Public Mohammed Abbou, ces expériences antérieures avaient été un succès, et avaient permis "d'améliorer la gestion des affaires intérieures, les relations entre le gouvernement et les citoyens… de réduire les coûts de gestion et de permettre à un grand nombre de salariés de profiter au maximum de leur temps".

Dans son récent communiqué, le ministère a indiqué que les réductions potentielles d'énergie avaient tenu une place importante dans la décision d'adopter l'heure d'été cette année. Avec l'avance des pendules, le gouvernement s'attendait à ce que le pays utilise mieux la lumière du jour, réduisant ainsi l'usage de l'électricité dans les foyers, les usines et les bureaux.

M. Abbou a souligné que les expériences de 1984 et 1989 avaient donné des résultats satisfaisants en termes de réduction des coûts de fonctionnement et de meilleure utilisation des heures du jour par les employés. Des études antérieures avaient montré que le Maroc utilise un pour cent de moins d'énergie durant l'heure d'été, un bonus particulièrement important si l'on considère le prix élevé de la production d'énergie.

Malgré cette décision de mettre un terme prématuré à l'heure d'été du fait du Ramadan, le ministère a indiqué qu'il envisageait de mettre en place une commission d'experts chargée d'évaluer les résultats de l'expérience de cette année, pour mieux informer sur les futures décisions d'adopter l'horaire d'été de manière permanente, ou d'y renoncer totalement.