18/08/2008
Les organisateurs du congrès international de géographie qui s'est tenu la semaine dernière en Tunisie ont souligné la forte participation des géographes du monde arabe.
Par Jamel Arfaoui pour Magharebia à Tunis – 18/08/08
![]() [igc-tunis2008.com] Un congrès international de géographes organisé à Tunis s'est achevé avec la création du prix Ibn Khaldoun |
La 31ème conférence de l'Union Géographique Internationale (UGI) s'est achevée vendredi 15 août à Tunis. Organisée dans un pays arabe pour la deuxième fois seulement depuis sa fondation en 1922, cette conférence de quatre jours a proposé des centaines d'ateliers et de colloques à plus de mille participants originaires de soixante-dix pays.
La rencontre de cette année a été caractérisée par le nombre sans précédent de participants des pays arabes, a indiqué le président de la Société Tunisienne de Géographie, Adnane Haider.
Organisée sous le thème "Construire nos territoires en Collaboration", cette conférence a mis en lumière les efforts réalisés dans ce domaine pour "faire de la géographie une science qui aide l'Homme à vivre intelligemment avec les autres et avec son environnement", a ajouté M. Haider.
Les participants ont présenté quelque 850 rapports traitant de sujets de géographie et de sciences connexes, y compris le développement de la pensée géographique, la standardisation des noms géographiques en Afrique, et la diversité des systèmes montagneux.
La Société Saoudienne de Géographie a accepté de garantir que les bulletins de l'UGI et les documents des Nations Unies sur le développement durable seront traduits en arabe, afin de faciliter leur intégration dans les programmes d'enseignement.
Les géographes ont souligné la nécessité de diffuser une culture de la géographie et de chercher de nouveaux concepts géographiques qui nous permettent de répondre aux exigences de notre époque. Certains des mots à la mode de la conférence de cette année ont été la coopération internationale, les changements climatiques et le dialogue entre les civilisations.
"[L]a diversité est l'un des principaux concepts de cette conférence des géographes", a déclaré le président de l'UGI, Ronald F. Abler.
Mongi Bousnina, secrétaire général de l'Organisation de la Ligue Arabe pour l'Education, la Science et la Culture (ALESCO), s'est dit d'accord, soulignant l'importance de la géographie en tant que science "pour assurer la communication entre les peuples et renforcer le dialogue entre les cultures".
Du fait de la nature ouverte de cette conférence, M. Haider a fait part de sa surprise de voir certains participants arabes se plaindre de la présence d'une délégation d'universitaires israéliens.
"Cette conférence est une conférence scientifique organisée par l'UGI", a-t-il expliqué, ajoutant que "le règlement de l'UGI stipule qu'aucun participant ne doit être exclu sur la base de critères ethniques, sexistes ou raciaux".
Mikael Soufer, membre de la délégation israélienne, a déclaré à Associated Press lors de cette conférence qu'il espérait une participation importante des Arabes lors d'une conférence régionale de l'UGI qui sera organisée à Tel Aviv en juillet 2010.
M. Abler a déclaré que la Tunisie, qui occupe actuellement la vice-présidence de l'UGI, avait apporté des contributions substantielles au développement de la géographie.
La conférence de Tunis s'est terminée sur un accord visant à inaugurer le prix Ibn Khaldoun. Baptisé du nom de ce grand scientifique né à Tunis, ce prix sera décerné tous les quatre ans pour récompenser l'excellence dans la recherche géographique.
En marge de cette conférence, l'UGI organisait son assemblée générale pour élire un nouveau conseil d'administration. L'Américain Ronald F. Abler a été élu président, et le Sud-Coréen Woo-ik Yu secrétaire général.