27/07/2008
Jusqu'à une période récente, les femmes ne pouvaient pas entrer à l'Institut royal de l'administration territoriale . La remise des diplômes à ces premières femmes caïds du pays est perçue comme une étape importante dans la marche pour l'égalité des droits.
Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 27/07/08
![]() [Sarah Touahri] Chakib Benmoussa, Ministre de l'Intérieur, a fait l'éloge du travail effectué par la première promotion de ces "femmes caïds". |
Dans ce qui est qualifié d'étape importante vers l'égalité des sexes au Maroc, l'Institut Royal de l'Administration Territoriale a écompensé ses premières lauréates sortant de ses murs depuis sa création, en 1965. La 43ème promotion de ces nouveaux caïds (agents d'autorité), dont la cérémonie de remise des diplômes a eu lieu lundi 21 juillet, comprend 19 femmes sur 107 agents.
Selon les enseignants de l'Institut, où l’on reçoit une formation théorique, militaire et de terrain, les premières lauréates se sont distinguées par leur compétence. D’ailleurs, c’est l’une d’entre elles qui a été le major de la promotion : Loubna Faez. Elle sera directement promue chef de cercle.
"La femme a démontré qu’elle pourra autant que l’homme mener les affaires du pays dans tous les domaines. Cette première promotion de femmes caïds représente une fierté pour le Maroc", dit-elle.
Interior Minister Chakib Benmoussa, Ministre de l'Intérieur, a présidé la cérémonie de remise des diplômes à Kenitra et a fait l'éloge des perfoemances des lauréates. Il a également souligné qu'une femme "est arrivée major de sa promotion cette année".
Le premier groupe de femmes agents d'autorité, depuis plus de quatre décennies, renforce le programme et aide à "l'édification d'une société démocratique moderne garantissant l'égalité entre l'homme et la femme", a déclaré le Ministre.
Par cette démarche basée sur les valeurs de l'équité et de l'égalité des chances, principaux fondements de l'édification du Maroc moderne, le ministère de l'Intérieur est déterminé à aller de l'avant afin... d'intégrer l'élément féminin au sein des espaces d'autorité, en lui accordant l'occasion d'assumer des postes de responsabilité et de décision", a-t-il ajouté.
Les organisations féminines et les ONG ont fait bon accueil à cette initiative visant à l'égalité des droits des femmes. Samira Bandouri, membre de l’association "ensemble pour le développement" déclare que grâce à de telles mesures, la gente féminine impose enfin sa présence.
On attendait depuis longtemps que les décideurs consacrent le principe d’égalité des chances dans tous les domaines. Lors des dernières années, les femmes ont pu, enfin, démontrer ce dont elles sont capables", indique-t-elle.
Le professeur des sciences sociales Miloud Boussafi signale que la société marocaine a complètement changé grâce entre autre à l’accès des femmes aux postes de responsabilité : « les femmes ont désormais un poids au sein de la famille. Les traditions changent petit à petit."
"La nomination des femmes dans des postes clefs a doté les marocaines d’une grande confiance", ajoute-t-il.
Le professeur des sciences politiques Mohamed Bendahmane déclare que le Maroc devait suivre l’exemple des pays développés en matière d’égalité entre l’homme et la femme. "Une démocratie ne peut être bien construite que par la participation effective des femmes dans des postes de responsabilité. Les responsables l’ont bien compris au cours des dernières années. Aussi, les femmes sont-elles plus présentes dans des fonctions importantes, explique-t-il à Magharebia.
Il est à noter que 34 femmes siègent à la première chambre du Parlement sur un total de 325 grâce au système de quota garantissant une proportion minimale de 10%. En outre, sept femmes sont ministres dans l’actuel Gouvernement.