24/07/2008
Le gouvernement marocain développe des relations plus étroites avec les ONG du pays, pour tenter d'aider ces associations à combler les lacunes dans le domaine social.
Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 24/07/08
![]() [Sarah Touahri] Le Ministre du Développement Social Nouzha Skelli a annoncé la semaine dernière que le gouvernement marocain allait assurer la qualification, apporter un financement et une assistance à la formation à certaines ONG. |
Nouzha Skelli, le Ministre du Développement Social, a annoncé la semaine dernière que le gouvernement marocain envisageait de travailler en plus étroite collaboration avec les ONG, pour renforcer leur action dans le domaine social. S'exprimant le 19 juillet lors du septième d'une série de colloques entre les ONG et le Ministère du Développement Social, de la Famille et de la Solidarité, elle a déclaré que l'objectif principal de la stratégie de son ministère est un programme de qualification des organisations non-gouvernementales.
"Environ 1 600 associations ont exprimé jusqu'à présent leur souhait d'adhérer au processus de qualification", a-t-elle affirmé, "sachant que l'objectif fixé pour l'année 2008 est d'atteindre 2 000 associations. L'adhésion au processus de qualification demeure un acte volontaire qui se traduit par la signature de la charte éthique et confère à l'association signataire le statut de partenaire privilégié."
Mme Skelli a ajouté que bien que le travail social mis en oeuvre par les ONG soit louable, ce secteur est plus connu pour le nombre de ses organisations que pour la qualité de leurs services.
Le processus de qualification, a-t-elle expliqué, permettra au gouvernement de mieux comprendre le travail des ONG, d'évaluer leurs atouts et leurs faiblesses, et de contribuer à leur développement en tant qu'organisations professionnelles.
Abdelhamid Makloum, membre de l'Association pour le Développement Rural, a favorablement accueilli cette initiative.
"Les associations ont besoin d’une qualification... afin qu’elles puissent bien gérer les projets de développement", a-t-il commenté.
Les ONG dont la demande sera retenue et qui bénéficieront d'une qualification seront éligibles pour des dons, a ajouté le ministre, qu'elles pourront utiliser dans le cadre de projets de développement social désigné par le gouvernement.
Ce soutien financier ne sera assuré qu'après la signature d'un accord détaillé avec le ministère. Les accords préciseront les conditions du versement des aides et la manière dont ces sommes pourront être dépensées.
Plusieurs ONG ont accueilli favorablement cette initiative, sans montrer d'inquiétude quant au fait que l'assistance financière offerte par le gouvernement pourrait affecter leur indépendance ou leur intégrité.
"Je ne crois pas que le gouvernement exercera une pression sur le tissu associatif œuvrant dans le domaine social", explique M. Makloum. "Les responsables ont plutôt besoin d’associations professionnelles et fortes afin de les aider à dépasser les lacunes dans le domaine social."
Mme Skelli a identifié plusieurs autres initiatives destinées à renforcer le tissu associatif.
Elle a expliqué que le gouvernement met en place des programmes de formation dans le domaine social pour fournir au marché de l'emploi un personnel sensible aux interventions sociales et capable de piloter des projets de développement.
Elle a également indiqué que le gouvernement travaillait à créer des réseaux d'ONG en fonction de leur situation géographique et de leur domaine de compétence.
Enfin, elle a ajouté que les responsables de la société civile étudient actuellement des programmes de création d'une instance nationale destinée à superviser toutes les questions relatives au travail de ces associations. Cette autorité étudiera plus spécifiquement les projets de loi et les règlements concernant ce secteur et proposera des mesures visant à faciliter le développement de ces associations.
"Tout le monde est d’accord sur le principe de création de cette instance", a souligné Mme Skelli.
"On est en train d’approfondir le débat pour arriver à un consensus autour de la réalisation de ce projet."