24/07/2008
Le gouvernement algérien et des responsables de la sécurité se forment aux mesures antiterroristes lors d'une session de formation à huis-clos organisée par les Nations Unies.
Par Said Jameh pour Magharebia à Alger – 24/07/08
![]() [un.org] Des responsables de la sécurité, des Douanes et des services financiers algériens ont rencontré des experts des Nations Unies pour discuter des stratégies destinées à couper les terroristes désignés par les Nations Unies de leurs sources de financement. |
Le gouvernement algérien a organisé un colloque d'information, en coopération avec les Nations Unies, les 21 et 22 juillet, pour discuter des moyens de limiter les financements dont peuvent disposer al-Qaida et les Talibans. Les responsables algériens de la lutte antiterroriste ont également bénéficié d'une formation sur la mise en oeuvre des résolutions des Nations Unies.
Plus de vingt experts de la police, de la gendarmerie, du bureau d'information financier du Ministère des Finances, du Ministère des Affaires Etrangères et du Ministère des Transports et des Douanes algériens ont participé à un colloque de deux jours, organisé dans le cadre d'un programme des Nations Unies destiné à informer les Etats membres des nouvelles techniques de lutte contre le terrorisme.
Cette rencontre, organisée à huis-clos, a également passé au crible les listes des noms des soutiens et des financiers du terrorisme, qui avaient été préparées aux termes d'une résolution du Conseil de Sécurité autorisant des mesures coercitives contre les membres d'al-Qaida et des Talibans. Adoptée en 1999 après les attentats terroristes en Tanzanie et au Kenya, la résolution 1267 autorise le gel des avoirs, l'interdiction de tout déplacement à l'étranger, la vente ou le transfert d'armes.
Vingt-quatre des personnes portées sur cette liste sont des Algériens, dont Abdelmalek Droukdel, l'émir d'al-Qaida au Maghreb Islamique, et Mokhtar Belmokhtar, l'ancien commandant de la neuvième région de l'organisation (désert algérien).
Le 3 juillet, le Conseil de Sécurité a ajouté à cette liste quatre proches lieutenants de Droukdel : Yahia Djouadi, alias Abou Amar, l'actuel émir de la neuvième région, soupçonné d'entretenir des liens avec les djihadistes salafistes en Mauritanie, dans le nord du Mali et au Niger ; son assistant, Abed Hemadou, alias Abdelhamid Abou Zeid ; Salah Gasmi, connu sous le nom de Salah Abou Mohamed, chef du comité médias de l'organisation ; et Ahmed Deghidegh, alias Abou Abdalah.
Le Conseil de Sécurité interdit aux Etats et aux particuliers d'entretenir de quelconques relations avec ces quatre terroristes, par suite de leur implication dans les attentats du 11 décembre en Algérie. Le 17 juillet, le Département américain du Trésor a également publié un décret commandant des sanctions contre ces quatre hommes.
"Ces sanctions", explique Adam Szubin, directeur de l'Office pour le Contrôle des Avoirs Etrangers au Département du Trésor, "visent ces terroristes et tous ceux qui leur apportent un soutien ou une assistance matérielle."
Ce décret permet également "le gel [de] leurs avoirs aux Etats-Unis et interdit à tout citoyen américain d'avoir de quelconques relations d'affaires avec eux", a ajouté M. Szubin.
Les Nations Unies ont identifié cent treize organisations terroristes opérant dans le monde, parmi lesquelles al-Qaida et les Talibans. La liste des individus recherchés comprend cent quarante-deux personnes liées à al-Qaida et deux cent quarante-deux autres appartenant à d'autres groupes.
L'Algérie a déjà mis en place les recommandations onusiennes, y compris les principales dispositions légales, judiciaires, administratives, sécuritaires et diplomatiques, a souligné le cabinet de la présidence algérienne avant l'ouverture de ce colloque.
Les banques du pays ont également commencé à prendre des mesures longtemps avant cette réunion. Dans son rapport 2007 sur l'état monétaire et financier de l'Algérie, le Gouverneur de la Banque d'Algérie, Mohamed Laksaci, avait indiqué que son agence avait travaillé avec six banques dans des affaires de blanchiment d'argent et de financement du terrorisme.
Il a indiqué que la Banque d'Algérie procède à des contrôles réguliers, pour s'assurer que les vingt-cinq banques opérant dans le pays, qu'elles soient publiques ou privées, nationales ou étrangères, se conforment aux exigences internationales en matière de transparence.