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Le Maroc commémore la réforme du Code de la Famille avec la Journée Nationale de la Femme

18/07/2008

Le choix de la date du 10 octobre comme Journée Nationale de la Femme célèbre le Code de la Famille élaboré en 2003 par le Maroc. Les parlementaires se sont réjouis de ce nouveau jour férié tandis que certains citoyens déclarent que le Code n'a toujours pas été entièrement mis en oeuvre.

Par Naoufel Cherkaoui pour Magharebia à Rabat – 18/07/08

[Getty Images] Nozha Skelli, Ministre de la Famille et de la Solidarité, s'est réjouie de la désignation de la date du 10 octobre comme Journée Nationale de la Femme, et elle a appelé les femmes à intensifier leurs efforts en faveur du développement du pays.

Le Gouvernement marocain a annoncé cette semaine que le 10 octobre sera dorénavant Journée Nationale de la Femme dans le Royaume. Ce décret découle des changements législatifs permettant l'avancée des droits de la femme et la hausse de leur représentation politique dans les instances gouvernantes du pays.

"Cette occasion....commémore le discours monarchique historique dans lequel...Sa Majesté a fait connaître le contenu du nouveau code de la Famille", dit un communiqué, publié le 12 juillet par le Ministère du Développement Social, de la Famille et de la Solidarité.

Le 10 octobre 2003, deux ans après la création d'un groupe de révision du Code Civil marocain, le Moudawana, le Roi Mohamed VI avait publiquement annoncé la modernisation du Code de la Famille, levant la notion d'immoralité imposée aux femmes, permettant de protéger les droits des enfants et préservant la dignité des hommes.

"Ce Code", a dit le communiqué, "met fortement en exergue la valeur des Droits de l'Homme et de l'égalité, tels qu'ils sont perçus partout dans le monde, il est en accord avec les enseignements et les objectifs de notre religion tolérante, qui a amené le monde entier à admirer notre pays et la clairvoyance à long terme de notre Roi, que Dieu le défende".

Le Parlement a approuvé à l'unanimité le Code de la Famille le 3 février 2004. Parmi ses dispositions : le mari et la femme sont conjointement responsables de la famille, la femme n'est plus "sous la garde" d'un parent masculin, les femmes peuvent demander le divorce et elles ont le droit d'accepter un mariage à la condition que l'époux ne prenne pas plusieurs femmes.

Le Ministère a fait savoir que, s'il marque l'anniversaire de l'avancée du Code de la Famille, le 10 octobre sera également l'occasion d'évaluer l'évolution du travail des activistes des Droits de la Femme ainsi que les perspectives de réformes futures.

Nozha Skelli, Ministre de la Famille et de la Solidarité, constate que les femmes marocaines ont connu des réussites significatives au cours des dernières années, citant les amendements apportés au Code de la Famille, l'éléction de 34 femmes au Parlement et la nomination de sept femmes Ministres dans le cabinet actuel.

Elle a appelé les femmes à intensifier leurs efforts en faveur du développement du pays, à participer au domaine politique et à augmenter leur présence au sein des administrations locales.

"L'annonce d'une Journée Nationale de la Femme est un événement important que méritent les femmes marocaines, elles ont combattu pour leurs droits, qu'elles connaîtront pleinement sûrement un jour", dit la Parlementaire Zahra Shkaf.

En comparaison à de nombreux états arabes, le Maroc connaît une avance forte dans le domaine des Droits de la Femme, remarque Shkaf, ajoutant que plusieurs pays de la région regardent maintenant le Maroc comme un exemple.

Des femmes se sont malgré tout montrées critiques contre les réformes du Code de la Famille.

Khadija Al-Riyadi, présidente de l'Association Marocaine pour les Droits de l'Homme, soutient que le Code n'a pas permis de parvenir à une égalité réelle de la femme et de l'homme.

"En dépit de tout ce qui a été dit sur le Code, dit Riyadi, tout le monde reconnaît qu'il n'a pas eu pour conséquence un changement tangible de la vie des femmes marocaines".

Riyadi pense qu'il existe un manque de volonté politique ou de ressources basiques permettant de mettre en oeuvre les dispositions du Code. De plus, "les problèmes sociaux et économiques, et les licenciements massifs" montrent que le Code n'a eu qu'un très faible impact sur la vie des marocaines, dit-elle.

"Désigner une Journée Nationale de la Femme marocaine est positif,", déclare à Magharebia Hind, étudiante ingénieure. "Mais ce qui est plus important, c'est d'améliorer leurs vies, afin qu'elles puissent célébrer ce jour en se sentant à l'aise".

Pour parvenir à cela, rajoute-t-elle, la violence contre les femmes doit être éradiquée et il doit y avoir un changement dans "la mentalité des hommes envers les femmes".