10/07/2008
Les médecins marocains reprennent le travail après l'accord conclu avec le Ministère de la Santé concernant les salaires, les prestations sociales et la reconnaissance du service public.
Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 10/07/08
![]() [Sarah Touahri] La grève déclenchée par les salariés du secteur médical a été levée après que le Ministère de la Santé fut parvenu à trouver un accord avec les médecins, qui souhaitaient voir leur années d'internat reconnues dans le décompte de leur service public. |
La série de grèves déclenchées par les personnels médicaux semble toucher à sa fin à la suite de l'accord conclu lundi 7 juillet entre le Ministère marocain de la Santé et le Comité National des Médecins à Domicile et Résidents. Cet accord prévoit la couverture médicale des médecins, des augmentations de salaires et la prise en compte de leurs années d'internat dans la fonction publique.
Le premier point de cet accord augmente les salaires des médecins. A compter du 1er janvier 2009, mais avec rétro-action au 1er juillet 2008, les médecins à domicile recevront 2 800 dirhams par mois au lieu de 1 800. Les médecins résidents sous contrat seront augmentés de 4 700 à 7 000 dirhams par mois durant les deux premières années. Les médecins résidents non contractuels percevront 3 000 dirhams par mois au lieu de 2 000.
Par un régime spécial similaire à celui proposé par le Fonds National de Sécurité Sociale, les médecins bénéficieront également d'une couverture santé et du remboursement des frais médicaux. Le gouvernement financera l'inscription de chaque bénéficiaire, à hauteur de 600 dirhams par an.
La troisième concession majeure de cet accord avec le gouvernement permet la prise en compte de la durée de service des médecins. Les grévistes et les représentants de la profession demandaient l'intégration des médecins dans le secteur public dès la première année d'internat, et non à partir de la troisième, comme c'est actuellement le cas. Cet accord a permis de parvenir à un compromis selon lequel les prestations sociales seront assurées dès la troisième année, mais au niveau d'un salarié ayant déjà travaillé dans la fonction publique pendant deux ou trois ans.
Aucun accord n'a en revanche été trouvé sur la question des équivalents de qualifications. Les médecins du secteur public demandaient l'équivalence entre leurs diplômes et le doctorat d'Etat, afin de pouvoir bénéficier d'un salaire équivalent à celui des fonctionnaires. Mais le Ministère de la Santé continue de refuser cette demande, insistant sur le fait que cette question doit être réglée par une discussion globale au niveau national.
Malgré tout, la majorité des grévistes ont jugé cet accord suffisant pour reprendre le travail.
"A la suite de cet accord avec le Ministère de la Santé, nous avons décidé de suspendre notre action", a déclaré Jalil El Hangouche, président de l'Association des Médecins à Domicile à l'hôpital universitaire Ibn Sina de Rabat. "Le ministère nous a suivi sur un certain nombre de nos revendications."
Certains estiment toutefois que ces mesures ne vont pas assez loin.
"Cette couverture ne s'applique qu'aux docteurs", a indiqué le président de l'Association des Médecins Résidents de Casablanca, Abdelhai El Gamri, à Magharebia, se référant à la couverture médicale que le gouvernement envisage de proposer.
"Les personnes concernées devront payer des contributions supplémentaires pour étendre cette couverture aux membres de leurs familles", a-t-il ajouté.
Il n'y a pas que les médecins à être soulagés par la fin de cette grève. Le public l'est également.
Samir Baladi, un agriculteur, a déclaré à Magharebia qu'à plusieurs reprises, il s'était vu refuser plusieurs de ses traitements à l'hôpital universiataire de Rabat à cause de ces grèves.
"Espérons que ces grèves seront terminées, pour que je puisse avoir mon traitement sans devoir payer pour rien. Ils menaçaient même de se mettre en grève aux urgences", explique-t-il. "C'est grave."