30/06/2008
La création d'une coalition arabe des municipalités contre le racisme a ouvert la voie au lancement d'une structure globale favorisant la tolérance, lors du troisième Forum Mondial des Droits de l'Homme, organisé cette semaine.
Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 30/06/08
![]() [spidh.org] Une coalition internationale des municipalités contre le racisme, qui inclut un groupe arabe récemment créé à Casablanca, sera lancée le 30 juin à l'occasion du troisième Forum Mondial des Droits de l'Homme à Nantes, en France. |
Plusieurs responsables municipaux arabes se sont retrouvés à Casablanca mercredi 25 juin, pour lancer une coalition parrainée par l'UNESCO contre le racisme, la discrimination, la xénophobie et l'intolérance. Cette coalition arabe vient compléter une série de coalitions similaires que l'UNESCO a déjà mises en place à différents niveaux régionaux en Afrique, en Amérique du Nord, en Europe, en Amérique Latine, dans les Caraïbes, en Asie et dans le Pacifique.
Avec la participation de cette coalition arabe, l'UNESCO envisage de lancer une coalition internationale contre le racisme, lundi 30 juin, lors du troisième Forum Mondial des Droits de l'Homme, à Nantes, en France.
Le maire de Casablanca, Mohamed Sajid, a déclaré que le but de cette initiative arabe est de créer un réseau de municipalités arabes désireuses de partager leurs expériences pour améliorer leurs politiques de lutte contre le racisme.
"La ville de Casablanca a été baptisée la 'ville phare' de la région arabe, dont la mission principale sera de coordonner les actions de lutte et les initiatives des villes arabes contre le racisme", a déclaré M. Sajid.
Le président du conseil communal de Nouakchott, Ahmed Hamza, a déclaré que le racisme transparaît partout sous différentes formes.
"La forme la plus délicate est sans aucun doute la pauvreté", a déclaré M. Hamza. "Lorsque vous luttez contre la pauvreté, comme vous devez le faire, et que vous insufflez le principe d'égalité des chances, je pense alors qu'un certain nombre de choses s'améliorent."
Les villes signataires s'engagent à respecter plusieurs obligations.
Elles s'engagent à promouvoir l'égalité des programmes d'emploi et la mise à disposition de services, et à offrir une meilleure assistance aux victimes de la discrimination raciale.
Elles doivent également mettre en oeuvre un plan d'action dans leurs stratégies et leurs politiques municipales visant à fournir les moyens humains, financiers et matériels nécessaires pour identifier et lutter contre les actes de discrimination fondés sur le racisme, la xénophobie et l'intolérance.
"Les politiques mises en oeuvre au plan local doivent viser à lutter contre toutes les formes de discriminations au niveau législatif", a déclaré Marcello Scaronei, spécialiste de l'UNESCO dans la lutte contre les discriminations et le racisme. "De surcroît, un travail doit être fait avec le public et les associations, visant à diffuser une culture de la tolérance."
Certaines villes pourront mettre en place des "observatoires urbains" en liaison avec des acteurs de la société civile, a ajouté M. Scaronei. Ces observatoires seront chargés de développer des méthodes systématiques de collecte de données sur le racisme, la discrimination, la xénophobie et l'intolérance, afin d'étudier le phénomène et de développer des stratégies de lutte.
L'un des aspects importants de la structure de cette coalition est sa nature coopérative. En encourageant les décideurs politiques et la société civile à travailler ensemble dans la lutte contre le racisme, la coalition espère renforcer les communications entre les administrations municipales et leurs habitants.
Ces types de relations de coopération devraient favoriser le rôle que les jeunes et les ONG locales peuvent jouer pour mieux sensibiliser au racisme et promouvoir le dialogue interconfessionnel et la tolérance.