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Le Gouvernement marocain tente de stimuler le secteur de l'artisanat

07/04/2008

Un nouveau plan de simulation du secteur de l'artisanat annoncé par le Gouvernement marocain la semaine dernière aidera les petits commerçants en finançant, en formant et en vendant les produits des artisans à de nouveaux marchés internationaux.

Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 07/04/08

[Sarah Touahri] Prenant la parole lors d'un forum sur les stratégies de commercialisation, mercredi 2 avril, le Ministre marocain de l'Artisanat Mohamed Boussaid a évoqué un nouveau plan de stimulation du secteur des artisans.

Dans un effort déployé pour augmenter l'exposition internationale des artisanats marocains, le Gouvernement a établi un département ministériel consacré au secteur. La nouvelle politique de stratégie commerciale vise les Etats-Unis, les pays de l'Est y compris la Russie, et les Etats du Golfe.

Je ne veux pas hypothéquer le secteur de l’artisanat en s’adressant uniquement à cinq marchés (Espagne, France, Angleterre, Allemagne et Italie). On note déjà une saturation au niveau de certains d’entre eux", a déclaré le secrétaire d’Etat chargé de l’artisanat Anis Birou, lors d'un forum de stratégie commerciale qui s'est tenu mercredi 2 avril.

D'ici 2015, le Gouvernement ambitionne d'augmenter par dix les exportations d'artisanats marocains (ielles s'élèvent actuellement à 700 millions de dirhams)et veut l'augmentation du chiffre d'affaire des ventes de ces produits au niveau national à 24 milliards de dirhams à l’horizon 2015. Ce dessein pourra se concrétiser à travers la commercialisation des produits artisanaux auprès des touristes et des marocains aisés, explique Birou, rappelant que les explositions restent le meilleur outil de promotion des produits.

" Je veux que notre politique de promotion consacre une place de choix à nos artisans indépendants qui n’ont pas l’occasion de tirer profit de ce qu’ils créent tous les jours. Je veux leur donner la possibilité d’aller voir ce qui se passe ailleurs, de participer aux salons internationaux ne serait-ce qu’en tant qu’observateurs pour qu’ils soient conscients de l’évolution et de l’ampleur de la compétition. ", affirme M.Birou.

En créant des centaines de petites et moyennes entreprises d'artisanat, le plan de stimulation aidera à sortir les commerçants indépendants du secteur informel. Ces petites opérations d'artisanat seront également soutenues par la formation, des études de faisabilité, au niveau de la gestion et du financement.

Le secrétaire d’Etat chargé de l’artisanat estime qu’il est temps de doubler les efforts pour que l’artisanat, qui emploie déjà deux millions de personnes, évolue et se positionne au niveau économique. Il indique que le secteur regorge de potentialités et qu'il fait vivre 10 millions de Marocains, qui sont d'une manière ou d'une autre impliqués dans l'industrie artisanale. .

" Le secteur a un impact sur les volets économique, culturel et social. Dix millions de personnes qui consomment chaque jour, rêvent chaque jour, ont des ambitions…C’est le tiers de la population qui fait tourner la vie et la société. ", dit-il.

LeGgouvernement a d'ores et déjà lancé son plan qui vise à structurer l'industrie, un comité est en train de préparer un projet de plate-forme en collaboration avec les 24 chambres d’artisanat. Une version provisoire sera proposée aux professionnels pour arriver à l’adhésion de la majorité. Le secrétariat de l’artisanat espère soumettre le texte de l’organisation du secteur au Parlement au cours de la session d’octobre pour approbation.

Les professionnels saluent certes les axes de la stratégie gouvernementale mais ils soulignent que l’organisation du métier tarde à venir.

Hammouda Bebrahim, artisan de cuir, déclare à Magharebia que les professionnels attendent depuis des décennies une loi organisant la profession : " Si le Gouvernement arrive à mettre en place une loi avant la fin de l’année, ce sera une première. Les artisans auront enfin un cadre réglementé les protégeant et précisant leurs droits et devoirs. "