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Sahara : Montée de tension face au report de la marche de Tifariti

13/03/2008

L'Association du Sahara marocain a annoncé la semaine dernière qu'elle ajournerait la marche programmée vers Tifariti, prévue à l'origine le 16 mars. Le Front Polisario a néanmoins maintenu ses célébrations dans une région qu'il considère comme "libérée", alors que le Maroc déclare l'annulation de la commémoration anniversaire.

Par Naoufel Cherkaoui pour Magharebia à Rabat – 13/03/08

[Naoufel Cherkaoui] La colère gronde au Sahara Occidental après la mort du policier marocain Abdelaziz Meski. L'officier a été grièvement blessé après que des manifestants masqués aient commencé à lancer des pierres sur les forces de l'ordre à Tan-Tan.

L'Association du Sahara Marocain (ASM) a annoncé la semaine dernière qu'une marche prévue sur la ville de Tifariti, et qui devait avoir lieu le 16 mars, serait ajournée. Cette décision fait suite à la déclaration selon laquelle que le Front Polisario avait abandonné des célébrations initialement prévues pour le 27 février à l'occasion du 32ème anniversaire de la déclaration officielle du groupe.

Selon Mohamed Taoujni, président de l'ASM, des pressions externes menées par des super-puissances, le Gouvernement marocain ainsi que des groupes de la société civile ont mené à cette annulation in-extremis du Polisario, qu'il qualifie de victoire pour le Maroc. Il ajoute qu'il est nécessaire que la zone de Tifariti devienne un périmètre de protection démilitarisé, comme c'était le cas dans le passé, et comme cela est spécifié par les accords de cessez-le-feu.

Une rencontre entre les membres de l'association et les autorités ont mené à la décision de reporter la marche de Tifariti.

Le service de presse du Front Polisario, néanmoins, rapporte que des célébrations ont été maintenues à Tifariti le 27 février. Mohamed Abdelaziz, leader du Front, aurait fait un discours à la fin des festivités, marquant l'établissement d'un conseil national. Il a déclaré que Tifariti avait été choisie comme la confirmation de l'exercice de la souveraineté de son mouvement sur les territoires qu'il juge "libérés et ravivés par la concrétisation des décisions prises à l'occasion de la douzième conférence".

La colère est rapidement montée, à la suite du décès d'un policier marocain qui avait été blessé lors des fêtes sarahouies du 26 février dans la ville de Tan-Tan, au sud du Maroc. L'officier Abdelaziz Meski avait été grièvement touché lorsque des manifestants masqués avaient jeté des pierres aux forces de l'ordre. Il est mort lundi dans un hôpital de Marrakech.

A la suite de cette manifestation violente, la police marocaine avait arrêté six individus suspectés d'être impliqués dans le meurtre de ce policier, affirmant que deux des suspects présumés sont connus pour leur loyauté envers le Front Polisario.

En dépit du fait que ce dernier ait nié toute implication dans l'incident, les experts craignent que les tensions puissent aboutir à l'abandon du quatrième round de négociations sur l'avenir du Sahara occidental, qui devait se dérouler le 17 mars à New-York.

Tifariti a été également le théâtre d'échange tendus entre les deux parties, le Maroc ayant récemment rejeté le programme du Polisario visant à reconstruire la région de Tifariti. Au même moment, le Front a exprimé sa préoccupation concernant ce qu'il a qualifié de "tendance croissante dans l'armement de la part du Maroc". .

En dépit des récentes menaces du groupe de revenir à la violence, le leader du Front, Mohamed Abdelaziz, dit : "Nous ne voulons pas que l'option de la guerre soit imposée une fois encore sur les Sarahouis".

Le quatrième round des négociations de New-York, s'il est maintenu, commencera sans changement notable de la position des deux parties en présence. Lors d'une allocution en Mauritanie le mois dernier, Peter van Walsum, Envoyé Spécial de l'ONU sur la question du Sahara Occidental, avait fait part de son insatisfaction concernant les progrès des discussions.