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Le Maroc lance un plan de sécurité routière d'urgence

20/02/2008

Avec près de deux cents conducteurs blessés chaque jour sur les routes du Maroc, le gouvernement a lancé un nouveau plan de sécurité routière. Cette révision du Code de la route prévoit des amendes plus sévères pour les délits, une meilleure protection des piétons et des améliorations dans la signalisation routière.

Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 20/02/08

[Getty Images] Des Marocains observent le site d'un accident entre un poids-lourd et un bus transportant des touristes près de Benguerir. En moyenne, dix personnes meurent et deux cents sont sérieusement blessées chaque jour sur les routes marocaines.

Pour tenter d'améliorer la sécurité sur les routes du royaume, le gouvernement marocain a élaboré un plan de sécurité routière d'urgence doté d'un milliard de dirhams pour la période 2008-2010.

Adopté lundi 18 février à Rabat, ce plan envisage dans un premier temps de réduire l'augmentation actuelle du nombre d'accidents, puis d'inverser la tendance. En moyenne, dix personnes meurent et deux cents sont sérieusement blessées chaque jour sur les routes marocaines.

Azzedine Chraibi, secrétaire permanent de la Commission Nationale pour la Prévention des Accidents de la Circulation, a déclaré que cette campagne de sécurité routière visait en premier lieu à lutter contre le non-respect du Code de la route dans le pays.

Le gouvernement a souligné l'importance de la mise en oeuvre de ce projet de nouveau code, un cadre juridique efficace dont les responsables affirment qu'il permettra de garantir la légalité de toutes les mesures prises en matière de sécurité routière. L'une des principales caractéristiques de ce code sera la lutte contre les délits multiples, par un plus grand recours aux amendes dressées sur place, qui sont généralement payées immédiatement – une pratique à laquelle la plupart des conducteurs sont opposés. "La corruption existe déjà. S'ils augmentent les amendes, elle se développera encore plus", affirme Samid Berrahou, un enseignant.

Ce plan prévoit également un certain nombre d'autres mesures, dont certaines visent à protéger des catégories sociales vulnérables, telles que les piétons et les conducteurs de deux-roues. Certaines concernent les aménagements routiers, comme la mise en place d'une nouvelle signalisation verticale et horizontale dans les villes. Les autorités locales auront également pour mission de faire de la sécurité routière un point central de leur action, et un nouveau manuel officiel sera publié pour standardiser la conception de la signalisation.

Les contrôles routiers seront renforcés, avec une meilleure surveillance pour en améliorer la crédibilité et la transparence, tandis que des moyens humains et matériels de contrôle seront également renforcés. Le gouvernement a également décidé de mettre en place une commission placée sous la tutelle du Ministère de l'Intérieur pour la mise en oeuvre d'un service global de téléphone d'urgence et la conception rapide de programmes de réponse d'urgence visant à réduire les temps d'appel et à rendre plus efficace l'assistance en cas d'urgence.

Ce nouveau programme triennal fait suite à une première tentative en 2003, grâce à laquelle le gouvernement a pu mettre en place un programme de surveillance des routes les plus meurtrières et assurer l'entretien des voies rapides urbaines. Ce plan visait également à rendre plus cohérente la signalisation, à traiter les points noirs de la circulation, à construire des pistes cyclables et à reprendre le réseau routier.

Le parc de véhicules de secours et d'ambulances n'a pas été oublié, qui bénéficiera de 166 nouveaux véhicules. Onze nouveaux centres médicaux d'urgence ont été ouverts, et quinze centres de secours construits.

Le Ministère des Transports et des Infrastructures se dit optimiste quant à ce plan, affirmant que sa première phase a déjà permis de ralentir la hausse du nombre d'accidents. Avant son introduction, le nombre de personnes impliquées dans des accidents de la route augmentait de près de 4,5 pour cent par an. Depuis, le niveau a baissé. "Si ce plan n'avait pas été mis en oeuvre", a déclaré le Ministre des Transports Karim Ghellab, "les projections statistiques montrent que le nombre de personnes tuées sur les routes aurait été de 4 490 contre 3 750 actuellement".