17/02/2008
Après qu'un large mouvement de grève ait affecté les secteurs de l'éducation, de la santé et de l'administration locale, le Premier Ministre Abbas El Fassi a exprimé son souhait de rencontrer régulièrement les syndicats afin de faire l'esquisse d'une nouvelle charte sociale.Les syndicalistes ont menacé d'actions futures si le Gouvernement échoue à honorer ses promesses de hausse des salaires et de réformes législatives.
Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 17/02/08
![]() [Sarah Touahri] Trois des cinq syndicats marocains se sont mis en grève mercredi 13 février, pour demander des hausses de salaires et des réformes législatives. Les membres des syndicats veulent réitérer le mouvement si le gouvernement n'honore pas ses promesses. |
Malgré les appels du Premier Ministre, Abbas El Fassi, trois des cinq syndicats marocains se sont mis en grève pour 24 heures, mercredi 13 février, paralysant le service de la fonction publique. La Fédération démocratique du travail (FDT), l’union nationale marocaine de travail (UNMT) et l'Union syndicale des fonctionnaires (USF), ont maintenu leur appel au débrayage malgré la tenue de deux réunions avec le premier ministre El Fassi. Les deux autres syndicats au Maroc se sont tenus à l'écart du mouvement, disant que le gouvernement avait besoin de plus de temps pour étudier les demandes syndicales de hausses de salaires et de réformes législatives.
Les officiels ont dit que les secteurs touchés par cette grève de mercredi étaient ceux de l'éducation, de la santé et de l'administration locale. Déclarant n'avoir été les témoins d'aucun signe encourageant de la part du Gouvernement, les syndicats ont exprimé le souhait de voir les grèves continuer.
Lors de la réunion hebdomadaire du conseil de gouvernement, jeudi, le premier ministre a déploré la décision de grève, arguant que le lancement du processus du dialogue social devait attester de la bonne foi du gouvernement. Le premier ministre a réitéré la volonté du gouvernement de régler tous les problèmes en suspens afin de surmonter les difficultés et trouver des solutions appropriées aux problèmes posés.
El Fassi a annoncé jeudi, que le gouvernement vise à mettre en place une nouvelle charte sociale dans le cadre des concertations avec les partenaires tant sociaux qu’économiques. Le Premier Ministre se dit conscient de la plus haute importance d’ " institutionnaliser " le dialogue social comme le réclament les syndicats. " Les rencontres devront être périodiques afin de trouver des solutions efficaces à toutes les problématiques posées, " ajoute-t-il.
Durant le premier round de négociations, qui s'était tenu avant la grève, El Fassi avait prêté une oreille attentive aux principales doléances des syndicats. Le Ministre chargé de la modernisation des secteurs publics, Mohamed Abbou, signale que les réunions initiales avec les syndicats avaient été l'occasion de mettre au point une méthodologie de travail et de créer des comités spécialisés pour examiner les requêtes soumises par les syndicats. Il a souligné le rôle de partenaire majeur de ces derniers dans la mise en place des réformes déjà en cours.
Malgré tout, le Secrétaire général de l'USF, Mohamed Hakech estime que le dialogue engagé avec la Primature "n’est pas crédible du moment que Abbas El Fassi s’est contenté de promesses. Il ajoute que "de nombreux dossiers sont en instance depuis des années. Il faut que Abbas El Fassi respecte les engagements de son prédécesseur".
L’accord de l'ex-premier ministre Driss Jettou avec les syndicats portait sur un système mobile de l’échelle des salaires sur la base d’une augmentation annuelle des salaires de 2% outre une réforme radicale du statut de la fonction publique qui date de 50 ans. Les syndicats réclament, à l’heure actuelle, la revalorisation du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) de 1870 dirhams à 2500 dirhams, ainsi que soit reconnu le respect des libertés syndicales, notamment le droit à la grève.
Des entretiens devraient avoir lieu au mois de mars.