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Les parlementaires marocaines veulent soigner leur image

13/02/2008

Les dernières élections au Maroc ont permis à trente-quatre femmes provenant de six partis politiques de siéger au parlement. Ces nouvelles législatrices envisagent maintenant de dépasser leurs différences partisanes et de travailler ensemble pour faire progresser les questions des femmes et montrer qu’elles sont aussi efficaces que leurs collègues masculins.

Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 13/02/2008

[Sarah Touahri] Les femmes parlementaires veulent détruire les stéréotypes taxant les femmes de faiblesse en politique.

Les élections nationales d’octobre dernier ont amené trente-quatre femmes à la première Chambre du parlement, mais si ces parlementaires ont prouvé qu’elles pouvaient être de redoutables législatrices, leur tâche n’a pas été facile. Outre les responsabilités qui leur incombent, elles doivent également lutter contre les stéréotypes qui considèrent généralement les femmes comme de piètres responsables politiques.

"Bien qu'il soit encore faible, le nombre de femmes élues peut représenter une force. Ce qui compte, c'est le discours, la qualité des interventions dans l'hémicycle et la capacité de convaincre'', explique Fatiha Lyadi, seule candidate indépendante élue à l’automne dernier. Elle est maintenant directrice de l'information au Ministère de la Communication.

Bassima Hakkaoui, parlementaire du Parti pour la Justice et le Développement, reconnaît qu’il est temps de briser les clichés. "Les femmes sont aussi compétentes que les hommes. Je crois qu’il faut juger leur rendement au niveau de leur présence au parlement, de leur efficacité et leur persévérance", explique-t-elle.

En effet, cette nouvelle vague de femmes élues est "jeune et instruite", et composée d’excellentes administratrices, selon Moustafa Zaari, journaliste au quotidien arabophone Assabah. "C'est un acquis pour le pays", a-t-il déclaré à Magharebia.

Les femmes politiques reconnaissent toutefois qu’il leur reste encore un long chemin à parcourir avant d’atteindre leurs objectifs. Depuis le début de la législature en octobre 2007, aucune n’a été retenue pour présider une commission parlementaire. Dans le parlement précédent, au contraire, deux femmes avaient été nommées, l’une à la présidence de la commission des Affaires Etrangères, l’autre à la tête de la commission des Affaires Sociales. Dans le parlement actuel, une seule femme s’est vue attribuer des responsabilités importantes.

Il s’agit de Latifa Bennani Smires, qui, après s’être imposée à la tête du groupe parlementaire de son parti de l’Istiqlal, a prouvé ses talents politiques. Mais pour gagner plus de postes, affirme-t-elle, les femmes députées au parlement marocain doivent travailler ensemble.

Le professeur des relations politiques Mohamed Katiri estime également que les femmes parlementaires ont tout intérêt à renforcer leur coordination pour se distinguer et marquer leur forte présence au sein de cette institution. "Durant la précédente législature, rares sont les députées qui ont pu être connues grâce à leurs actions. Au cours de cette législature, les femmes doivent unir leurs rangs pour prouver ce dont elles sont capables. C’est de cette manière que les femmes gagneront la confiance des électeurs", explique-t-il.

Les trente-quatre femmes députées sont issues de six formations politiques appartenant tant à la majorité qu’à l’opposition. En dépit de cette diversité, elles comptent bien resserrer leurs rangs au sein du "Forum des Femmes Parlementaires". Ce groupe, créé en 2005, avait jusqu’à présent des pouvoirs limités, mais aujourd’hui, les femmes parlementaires plus expérimentées et les nouvelles venues espèrent identifier des objectifs communs pour aider les femmes et faire admettre les principes de la démocratie.

Ce forum vise en effet à mettre en valeur l'action parlementaire des femmes, à renforcer leur présence et leur représentativité au niveau des centres de décision et à mettre à profit les mécanismes législatifs pour défendre les questions féminines.

En termes de politique et de comparaison avec leurs collègues masculins, Mme Hakkaoui affirme avec conviction que les femmes sont prêtes à relever le défi.