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En Algérie, une coalition s'oppose à un troisième mandat du Président Bouteflika

11/02/2008

Craignant qu'un amendement constitutionnel en Algérie permettant au Président Bouteflika de briguer un troisième mandat ne signe un retour à un système de parti unique, d'anciens parlementaires, des militants, des universitaires et des journalistes ont lancé une pétition pour tenter de bloquer cet amendement.

Par Said Jameh pour Magharebia à Alger – 11/02/08

[Getty Images] Des Algériens opposés à la campagne en faveur d'un troisième mandat du Président Abdelaziz Bouteflika ont rompu le silence en lançant une pétition contre cette proposition.

En réponse à une initiative visant à modifier la constitution algérienne pour permettre au Président Abdelaziz Bouteflika de se présenter pour un troisième mandat, les opposants ont rompu le silence et lancé une pétition contre cette proposition qu'ils jugent non démocratique.

Le groupe d'opposants, composé d'anciens parlementaires, de militants, d'universitaires, de professionnels et de journalistes, a fait part de son rejet de cette idée de modifier la constitution dans un communiqué publié sur le web et dans la presse écrite, et a lancé une campagne de collecte de signatures en soutien à son initiative.

Les signataires de cette pétition expriment leur opposition à un amendement de l'Article 74 de la constitution actuelle, qui stipule que le Président ne peut renouveler son mandat qu'un seule fois. Ils affirment qu'il est nécessaire de maintenir cet article sous sa forme actuelle pour préserver la pratique démocratique.

L'opposition à ce projet résulte d'une crainte d'un retour à la "présidence à vie" et à un système politique monopartite. Cette déclaration dresse un tableau très sombre de l'avenir sous un tel régime : arrestations en grands nombres, torture, détérioration du pouvoir d'achat, immigration clandestine et suicide.

Ses auteurs appellent tous les citoyens à se rallier à leur cause, affirmant que "tous les Algériens qui s'opposent à la règle unilatérale doivent joindre leurs efforts pour protéger les libertés démocratiques."

Le communiqué affirme que l'heure n'est pas à un amendement de la constitution, et que le gouvernement devrait plutôt traiter les problèmes quotidiens que rencontrent les citoyens, comme la baisse du pouvoir d'achat et la stagnation de la croissance économique. Les opposants soulignent que des mesures doivent être prises pour assurer une meilleure mise en application de la constitution plutôt que pour l'amender.

Magharebia a interrogé l'un des signataires, Mahmoud Belhimer, rédacteur en chef adjoint du quotidien El Khabar, qui a déclaré : "Il n'y a pas de raison cachée derrière cette pétition que nous avons signée. Ce ne sont que des citoyens algériens décidant de faire part librement de leur opinion dans un pays où la constitution garantit la liberté d'expression et d'opinion."

"Nous souhaitons seulement mettre en garde contre les dangers que représente une violation de la constitution", a ajouté M. Belhimer. Il souligne le danger qu'il y a à suivre aveuglément le mouvement visant à maintenir Bouteflika en fonction. "Il faut donner leurs chances aux nouvelles élites capables de faire la différence."

Toutefois, Said Bouhedja, porte-parole officiel du Front de Libération Nationale, estime que cette pétition n'est rien d'autre que "un cri dans la vallée" qui n'atteindra pas son objectif, dans la mesure où l'amendement devant permettre à M. Bouteflika de briguer un troisième mandat est désormais une demande populaire. Dans un communiqué adressé à Magharebia, M. Bouhedja a dénié à ces signataires la possibilité de rassembler un large soutien populaire à leur initiative.