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Le chanteur de raï Rachid Bryiah cherche à toucher un public plus large

30/01/2008

Le chanteur de raï marocain Rachid Bryiah a reçu un coup de pouce de la superstar du raï Cheb Khaled, qui l'a invité à venir en France pour favoriser la promotion internationale de sa musique. Bryiah a parlé à Magharebia de ses projets et des origines de la musique raï.

Entretien par Imane Belhaj pour Magharebia à Casablanca – 30/01/08

[Imane Belhaj] Le roi du raï Cheb Khaled (à gauche) a encouragé le Marocain Rachid Bryiah (à droite) à trouver un manager en France pour aider l'artiste marocain à promouvoir son travail à la fois au Maroc et à l'étranger.

Le chanteur marocain Rachid Bryiah se rendra en France à l'invitation de Cheb Khaled, qui a encouragé le chanteur à trouver un manager pour assurer la promotion de sa musique à la fois au Maroc et à l'étranger. Le "Roi du raï" a invité Bryiah – un parent par alliance – après une rencontre entre les deux artistes à Oujda en juillet dernier, lors du premier festival du raï.

Magharebia: Bonjour Rachid. Parlez-nous de vos nouveaux projets.

Bryiah: Je me prépare à aller en France pour signer un contrat avec des professionnels, une idée du Roi du raï Cheb Khaled, qui m'a encouragé, lors de notre récente rencontre au premier festival du raï à Oujda, à me lancer pour faire évoluer ma carrière. Selon lui, la première étape pour un artiste consiste à avoir un manager pour faire connaître ses chansons.

Magharebia: Vous cherchez donc un public international ?

Bryiah: Pas dans le sens très large du mot, non. Je cherche avant tout à faire connaître ma musique sur un plan professionnel. Cela fait maintenant plus de vingt ans que je suis dans le métier, et je me suis fait une réputation grâce à un raï basé sur des chansons populaires et fortement enracinées dans la société marocaine. Malheureusement, je n'ai pas bénéficié d'un soutien suffisant des médias pour présenter mes nouvelles chansons. C'est ce dont nous avons parlé avec Cheb Khaled, qui m'a guidé et conseillé de suivre toutes les voies possibles pour assurer ma promotion et celle de mes chansons. La première étape logique est d'entrer en contact avec un manager en France, après avoir consulté Khaled, bien sûr. J'espère que cela donnera de bons résultats.

Magharebia: Cela implique-t-il d'éventuels projets de collaboration avec Cheb Khaled ?

Bryiah: Si tout se passe bien, nous pourrions envisager une coopération, mais rien n'est encore prévu. Comme vous le savez, Cheb Khaled est le Roi du raï, et il a pu faire connaître cette musique sur les scènes internationales. Je serais donc heureux si notre rencontre en France pouvait déboucher sur un projet conjoint.

Magharebia: En quoi le raï marocain est-il apparenté à sa version algérienne ?

Bryiah: Le raï est un art à part, et la zone frontalière entre Oujda, au Maroc, et Oran, en Algérie – à l'époque où il n'y avait aucune frontière entre les deux pays – était connue pour ça. Le raï a été transmis sans interruption jusqu'à aujourd'hui, et nous partageons un vaste patrimoine culturel et artistique avec les artistes algériens, où de grands maîtres ont excellé et où les jeunes générations tentent d'innover par une interprétation plus contemporaine de cette musique.

Magharebia: En parlant des jeunes générations, que pensez-vous de la musique des jeunes d'aujourd'hui ?

Bryiah: La génération actuelle est assez ouverte aux autres, dans un esprit de coexistence et d'interaction entre les cultures et les civilisations, ce qui est bien. Je crois que mon voyage en France s'inscrit dans ce contexte – pour profiter de l'expérience des autres. Je refuse néanmoins une ouverture qui débouche sur un détachement par rapport à la culture et à l'identité d'origine. Je parle ici du phénomène du hip-hop qui a attiré la jeunesse arabe et du Maghreb et qui est devenu une réelle abstraction qui menace notre identité. Le hip-hop est un art qui a ses propres particularités et ses propres racines, et je ne vois aucune comparaison entre ce que les Noirs ont exprimé en réponse à la discrimination raciale et ce que nos jeunes expriment au nom de la culture hip-hop.