25/01/2008
Le Maroc a présenté un rapport combiné sur l'état de ses réformes visant à garantir l'égalité entre les sexes à la commission ad hoc des Nations-Unies, jeudi, à Genève. Les premières réactions sont positives et laissent entendre que le Maroc devrait prochainement atteindre ses objectifs.
Par Imane Belhaj pour Magharebia à Casablanca – 25/01/08
![]() [Imane Belhaj] Nouzha Skalli, Ministre du Développement Social, de la Famille et de la Solidarité, au centre, lors du point presse à Casablanca |
Le Maroc a présenté deux rapports officiels concernant ses efforts de lutte contre la discrimination entre les sexes à une commission ad hoc des Nations- Unies, jeudi 24 janvier à Genève.
Cette commission s'est penchée sur les troisième et quatrième rapports périodiques du Maroc sur la mise en oeuvre de la Convention sur la Suppression de toutes les Formes de Discrimination envers les Femmes (CEDAW). La délégation marocaine a souligné les efforts faits en vue de l'élimination des différences basées sur les sexes, y compris la suppression des réserves sur certaines dispositions de la convention.
Selon cette commission, les femmes marocaines ont enregistré des progrès significatifs en termes d'égalité et de droits économiques et sociaux. La présidente de cette commission, Dubravka Simonovic, s'est félicitée des progrès enregistrés, affirmant que le Maroc parviendra prochainement à l'égalité entre les sexes.
Lors d'un point presse préliminaire organisé le 18 janvier à Casablanca, le Ministre du Développement Social, de la Famille et de la Solidarité, Nouzha Skalli, s'était déclarée optimiste quant aux changements positifs enregistrés par le Maroc depuis la ratification de la CEDAW en 1993.
Elle avait également parlé des réserves que le Maroc avait soulevées sur plusieurs dispositions de cette convention, sur la base des réactions enregistrées à l'issue des deux précédents rapports de la CEDAW présentés aux Nations-Unies en 1995 et 1999. Les points positifs concernent l'harmonisation de la législation nationale avec les conventions internationales, l'accélération de la réforme du Code de la famille, la mise en place d'une limite aux dispositions relatives à la discrimination en termes de droits légaux, l'accélération de la loi sur la citoyenneté, le renforcement de la représentativité des femmes dans les instances de décision, et la réforme du Code du travail et du Code pénal.
Naima Ben Yahia, directrice des Affaires des Femmes, de la Famille et de l'Enfance au ministère, a indiqué que les conclusions incluses dans les deux derniers rapports sont le produit des efforts intensifs mis en oeuvre par les associations de femmes au Maroc, dans une société qui recherche la justice, l'égalité et la démocratie.
Les deux rapports du mois de juin 2006 comportent trois sections. La première traite des réformes visant à promouvoir la défense des Droits de l'Homme par le biais de la démocratie et du respect de la loi. Ces réformes ont pris la forme de la restructuration du Conseil Consultatif des Droits de l'Homme et de la création du Comité des Griefs, de l'Institut Royal de la Culture Amazighe et de la Commission Equité et Conciliation.
La seconde section porte sur seize articles relatifs à la lutte contre la violence envers les femmes, l'évolution des normes de comportement social des femmes et des hommes, la lutte contre l'exploitation des femmes, l'égalité dans la vie politique et publique aux plans national et international, les lois régissant la citoyenneté, l'éducation, le travail et la santé, la sécurité sociale, les droits des femmes en milieu rural et le travail des enfants.
La troisième section comporte des dispositions sur le suivi de la mise en oeuvre par le Maroc des recommandations antérieures. Elles incluent la Plate-Forme d'Action de Pékin - qui favorise l'intégration des politiques et des programmes de développement basés sur l'égalité entre les sexes - et la Conférence Mondiale contre le Racisme, la Discrimination Raciale, la Xénophobie et l'Intolérance.
Quelque 185 Etats ont ratifié la CEDAW depuis son adoption par l'Assemblée Générale des Nations-Unies en 1979.