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Les lycéens algériens manifestent contre les nouveaux programmes

21/01/2008

Des centaines de lycéens algériens ont participé à des manifestations organisées samedi dans tout le pays pour protester contre les nouveaux programmes qu'ils estiment trop chargés pour les années d'examen. Ils ont brandi la menace d'une grève générale le 27 janvier si le Ministère de l'Education ne procédait pas à une révision de ces programmes.

Par Hayam El Hadi pour Magharebia à Alger – 21/01/08

[Getty Images] Les manifestations de lycéens dans toute l'Algérie avaient pour but de protester contre les changements apportés aux programmes. Le Ministre de l'Education Boubekeur Benbouzid a déclaré aux élèves et aux parents que le baccalauréat 2008 ne couvrira que les programmes enseignés durant l'année.

Après les manifestations très suivies organisées samedi 19 janvier, les lycéens algériens des classes d'examen ont appelé à une grève le 27 janvier pour protester contre les réformes qu'ils jugent excessives. Encouragés par la grève des enseignants qui avait paralysé les écoles le 15 janvier, les lycéens protestent contre la mise en oeuvre des nouveaux programmes pour les élèves préparant le baccalauréat.

Les élèves de terminale estiment que les nouveaux programmes sont surchargés et qu'ils n'auront pas le temps d'aborder tous les points du programme avant de se présenter aux examens du bac. Ils craignent également que ces nouveaux programmes entraînent un taux d'échec supérieur lors de ces examens.

La manifestation de samedi a débuté dans et autour de la capitale, lorsque des centaines d'élèves des sept plus gros lycées ont lancé un sit-in devant le Ministère de l'Education. Ils ont été nombreux à scander des slogans hostiles au ministre. Quadrillés par un imposant dispositif de sécurité, ils ont crié leur colère et bloqué la circulation automobile. Tel un effet boule de neige, le mouvement s’est propagé aux autres villes du pays.

En Kabylie, des lycéens sont descendus dans la rue pour les mêmes motifs. Amel, élève au lycée Omar Racim, a déclaré à Magharebia : "Nous n’avons même pas terminé le programme du premier semestre que nous n’avons d’ailleurs pas assimilé comme il le faut. Comment voulez-vous qu’on soit prêt le jour du bac ? Ce n’est plus possible ! Il faut que le ministre trouve une solution à ce problème."

Des propos que confirme son enseignante, qui explique à son tour : "Vous savez, nous avons découvert le programme en même temps que nos élèves", explique-t-elle. "Nous avons beau essayer de faire vite, jamais nous ne terminerons tout le programme. Je comprends la colère des lycéens, elle est légitime."

Le Ministre de l’Education Nationale, Boubekeur Benbouzid, a réagi par un communiqué pour rassurer les lycéens et leurs parents. Il a affirmé : "Les sujets du baccalauréat 2008 porteront sur les cours réellement dispensés au niveau national."

De plus, il a souligné que les questions de l'examen "ne porteront que sur les programmes réalisés et portant l'aval de la commission nationale de suivi, et qu'ils seront élaborés selon les méthodes en usage à ce jour".

M. Benbouzid a renouvelé l'une des préoccupations de son ministère, à savoir "la préservation de l'intérêt des élèves", et a parlé de la mise en place d'une "commission nationale chargée de faire le point trimestriellement sur l'état d'avancement des programmes".

Le ministère qui a appelé à la reprise des cours n’a pour le moment reçu aucun écho favorable. Les lycéens continuent de boycotter les bancs de l’école et appellent à l’ouverture d’un dialogue avec les responsables de l’éducation. Ils maintiennent l'appel à la grève générale du 27 janvier.