17/01/2008
Le gouvernement marocain a annoncé un programme ambitieux de réforme du système de santé, permettant d'assurer de meilleurs soins dans toutes les régions du pays. Le Ministre de la Santé Yasmina Baddou a déclaré que son ministère espérait rendre les traitements plus abordables et les mettre à la portée des couches les plus démunies de la population.
Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 17/01/08
![]() [Sarah Touahri] Le Ministre de la Santé Yasmina Baddou a indiqué que son ministère envisage de restructurer le système national de santé pour en abaisser les coûts et augmenter la qualité et l'accessibilité des services aux plus démunis. |
Pour réformer le secteur de la santé, le gouvernement marocain a élaboré une nouvelle stratégie sanitaire. Selon le Ministre de la Santé Yasmina Baddou, ce plan, qui s'étendra sur la période 2008 à 2012, prendra en compte deux priorités fondamentales : faciliter l’accès aux soins des catégories défavorisées et réduire le coût des soins et des médicaments.
Le ministère espère renforcer la dissémination des services de santé et des professionnels et mieux les regrouper. Le Maroc compte à l’heure actuelle 46 médecins pour 100 000 habitants, dont 44 pour cent sont concentrés dans l’axe Rabat-Casablanca. Le pays ne compte que 130 hôpitaux et 2 000 centres de santé de base. Ceux qui habitent dans les régions éloignées sont souvent contraints de se rendre dans les grandes villes pour se faire soigner.
Le Ministère de la Santé envisage de restructurer le système national de santé en mettant en place des structures régionales de la santé, jouissant de l'autonomie de gestion des établissements de santé. Selon le gouvernement, les citoyens doivent pouvoir compter sur une offre de soins accessible au niveau quantitatif et qualitatif et bien répartie aux quatre coins du Maroc, même dans les régions les plus éloignées.
L’ambition est de disposer d’un service public de santé compétitif et performant, mais aussi d'améliorer l’accueil du service public, car beaucoup de malades se plaignent d'une mauvaise orientation et des délais de prise en charge.
La disponibilité des médicaments est un autre point important. Selon les chiffres du Ministère de la Santé, la part des médicaments dans le budget de l’Etat est de 750 millions de dirhams. "En raison des défaillances dans le mode de gestion", explique Yasmina Baddou, "les médicaments ne sont pas disponibles partout. Aussi faut-il penser à la décentralisation et à un système de traçabilité."
La Stratégie s’assigne par ailleurs pour objectif de prendre en charge les maladies de longue durée comme le cancer, le diabète, la santé mentale. Elle ambitionne également de mettre à niveau les hôpitaux, d'assurer une coordination efficace et méthodique entre les différents établissements de santé à travers le pays, d'élaborer une carte nationale de la santé, d'initier une nouvelle approche en matière de gestion des ressources humaines, de mettre en oeuvre et d'élargir le régime d'assistance médicale.
Le Maroc veut réduire le taux de mortalité des mères à la naissance à 50 au lieu de 227 pour 100 000 femmes, et le taux de mortalité infantile à 15 décès au lieu de 40 pour 1000 à l’horizon 2012.
La moralisation du secteur est également un chantier important, notamment la lutte contre la corruption dans les hôpitaux publics. Le gouvernement envisage de créer des mécanismes de dépôts de plainte, développés en partenariat avec Transparency Maroc . Un responsable gouvernemental a déclaré à Magharebia : "Il s’agit non seulement de lutter contre la corruption en sanctionnant, mais également par des mesures de prévention."
Pour atteindre les objectifs tracés, on compte sur le partenariat avec le secteur public et les ONG. Le ministère se rend compte de l’intérêt de collaborer pour la première fois avec le secteur privé pour créer un environnement favorable et améliorer le secteur de la santé.