04/01/2008
Au vu de l'augmentation des prix du pétrole et du renforcement de la demande, le gouvernement marocain envisage une refonte de son programme de subventions des biens de consommation.
Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 04/01/08
![]() [Getty Images] Des subventions sur des produits comme la farine ont un effet majeur sur les plus démunis, qui dépendent du prix du pain pour leur alimentation. |
La caisse de compensation marocaine fait l'objet de débats de la part de ceux qui cherchent à réduire les dépenses du gouverrnement. Le budget opérationnel de ce fonds est passé de 3 milliards de dirhams en 2002 à 20 milliards pour l'année en cours, ce qui a conduit les parlementaires à demander sa réforme lors de leurs discussions sur la loi de finance 2008.
Ce fonds, mis en place en 1941 pour soutenir l'entrée des produits européens sur le marché marocain, s'est transformé au fil des années en un vaste programme de subvention pour les biens de consommation, le pétrole et le gaz. Les partisans de cette politique soulignent les bienfaits universels des subventions, dans la mesure où elles concernent l'ensemble des citoyens, riches comme pauvres. La valeur relative d'une telle aide est toutefois plus importante pour les citoyens les plus démunis.
La caisse de compensation devient une charge de plus en plus lourde pour les finances de l'Etat. Le professeur d'économie Karim El Hafi a expliqué à Magharebia que le coût actuel de ce programme (20 milliards de dirhams) représente près des deux tiers du budget d'investissement du Maroc. "Aussi est-il nécessaire de réviser le système de compensation actuel pour le rendre plus efficace et de le doter, à moyen terme, de mécanismes afin d'apporter une aide directe aux citoyens nécessiteux, sachant que le cours des matières premières ne cesse de grimper", explique-t-il.
Le député Abdelhamid El Mernissi explique que les Marocains ne doivent pas s’attendre à plus d’argent pour la caisse de compensation pour l’année à venir. "Pour l’année 2009, je pense qu’il faut que les Marocains se mettent en tête que cette institution n’est pas une vache à traire. On connaît déjà les bénéficiaires. Mais comment résoudre leur problème est un autre problème. Il faut une réflexion profonde."
Le Ministère des Finances a annoncé qu'en 2008, il envisagerait sérieusement une remise à plat des mécanismes de la caisse de compensation, pour en améliorer l'efficacité en direction des Marocains les plus démunis.
Les principaux axes de cette réforme porteront sur plusieurs points : le contrôle, l'organisation de l'intermédiaire, la révision de la structure tarifaire et la réorganisation des secteurs concernés. Le gouvernement s’attèle pour l'heure à poser les bases d'un nouveau système de compensation, qui devrait prendre en considération des expériences internationales tout en les adaptant aux spécificités nationales.
Pour pouvoir alléger le poids de ce fonds sur le budget national, le gouvernement a fait savoir aux Marocains qu'ils ne devaient s'attendre à aucun ajout sur la liste des produits subventionnés, à savoir les produits pétroliers, le gaz butane, le sucre, l'huile de tournesol et la farine.