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Deux attentats à la voiture piégée à Alger, des dizaines de morts et de blessés

11/12/2007

Les deux attentats qui ont eu lieu ce mardi matin dans le centre d'Alger ont fait plus de soixante morts et des dizaines de blessés. Des témoins rapportent certaines similitudes avec les attentats meurtriers du 11 avril.

Par Boualam Senhadji pour Magharebia à Alger – 11/12/07

[Getty Images] Des sauveteurs algériens et des spécialistes de l'anti-déminage devant un bâtiment endommagé, près des bureaux du Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies (HCR).

Deux attentats à la voiture piégée ont été commis mardi 11 décembre dans la matinée devant un tribunal d'Alger et un bâtiment des Nations Unies, faisant plus de soixante morts et des dizaines de blessés. De nombreuses personnes pourraient encore se trouver sous les décombres des bâtiments.

Lorsque la première bombe a explosé à 9h50 devant le Conseil Constitutionnel, dans le quartier du centre-ville de Ben Aknoun à Alger, la détonation a été entendue à 15 kilomètres à la ronde. Un bus transportant des étudiants en droit qui se rendaient à leurs cours en empruntant une grande artère de la ville a été soufflé par l'explosion. Les premières estimations font état d'une quinzaine de morts et de dizaines de blessés.

Alors que les véhicules de police, des ambulances et les forces de sécurité se rendaient sur le lieu de l'attentat, une autre explosion a secoué Ben Aknoun. Une seconde voiture piégée a détruit une grande partie des bureaux du Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies (HCR) dans le quartier résidentiel de Hydra.

S'exprimant à la télévision algérienne, le Ministre de l'Intérieur Noureddine Yazid Zerhouni a déclaré qu'un témoin avait vu un kamikaze au volant de l'une des voitures qui a explosé devant les bureaux du HCR.

L'explosion a également endommagé des bureaux du Programme des Nations Unies pour le Développement, mais les témoignages indiquent que la majorité des victimes se compte dans le bâtiment du HCR.

Dans ce quartier huppé de la capitale, cette explosion a également endommagé plusieurs bâtiments voisins. De nombreuses victimes ont été prises dans les décombres, et les forces de sécurité s'attendent à ce que le nombre de victimes s'alourdisse considérablement.

Le Secrétaire Général de la Ligue Arabe, Amr Moussa, a fermement condamné ces attentats terroristes et présenté ses condoléances aux familles des victimes. Dans une déclaration publique, la Ligue Arabe condamne ce qu'elle appelle "un acte de terrorisme injustifiable" et dénonce les attentats terroristes "et tout ce qu'ils représentent ou espèrent réaliser." M. Moussa a fait part de la solidarité de la Ligue Arabe au gouvernement et au peuple algérien dans sa lutte contre le terrorisme, qui "vise les innocents et tente de porter atteinte à la sécurité et à la stabilité du pays."

La Commissaire Européenne aux Relations Extérieures Benita Ferrero-Waldner a publié un communiqué depuis Bruxelles, condamnant ces attentats. "Mes pensées vont aux familles des personnes tuées", a-t-elle déclaré. "J'espère que les auteurs de ces actes horribles seront traduits en justice."

Dans un entretien téléphonique avec le Président algérien Abdelaziz Bouteflika, le Président français Nicolas Sarkozy a condamné ces attaques, les qualifiant "d'actes barbares".

Aucune organisation n'a encore revendiqué le double attentat d'aujourd'hui, mais pour certains analystes, il porte la marque de l'Organisation al-Qaïda au Maghreb Islamique, l'ancien groupe Salafiste pour le Prêche et le Combat. Les Algériens ont pu noter certaines similitudes avec les attentats du 11 avril à Alger, qui avaient tué 33 personnes et en avaient blessé plus de 220.

Il y a quelques mois à peine, l'Algérie avait connu deux attentats terroristes, qui avaient fait plus de 50 victimes et blessé plus de 150 personnes. Le 6 septembre, un attentat suicide avait visé le site de la visite du Président Abdelaziz Bouteflika à Batna, dans l'est du pays. Le 8 septembre, un autre attentat à la voiture piégée avait été perpétré contre une caserne de Dellys, à 70 kilomètres à l'est d'Alger.