27/11/2007
Le rapport annuel de l'ONUSIDA a révélé un accroissement du taux d'infection par le VIH au Maroc. Pour lutter contre les attitudes publiques entourant ce virus, les organisations sanitaires envisagent d'organiser une marche à Casablanca à l'occasion de la Journée Mondiale de Lutte contre le SIDA.
Par Imrane Binoual pour Magharebia à Casablanca – 27/11/07
![]() [File] Hakima Himmich explique que le SIDA et les autres maladies sexuellement transmissibles constituent "un sérieux danger à craindre". |
Le Programme commun des Nations-Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA) a rendu public son rapport annuel, en prévision de la Journée Mondiale de Lutte contre le SIDA, le samedi 1er décembre. Ce rapport indique que si l'infection VIH s'est stabilisée au niveau mondial, le SIDA "reste la première cause de décès en Afrique". Selon les statistiques des Nations-Unies publiées dans le rapport du 20 novembre, le nombre de personnes porteuses du virus au Maroc est passé de 18 000 en 2006 à 20 000 cette année.
Le Maroc doit faire face au silence et aux tabous qui entourent le SIDA, affirme Ahmed Douraidi, militant des Droits de l'Homme et coordinateur national de l'une des principales ONG du pays traitant du SIDA, l'Association de Lutte contre le SIDA. Pour renforcer cette campagne de sensibilisation, l'ALCS parrainera la "Marche de Lutte contre le SIDA" à Casablanca lors de la Journée Mondiale contre le SIDA. "C’est la première manifestation que [l'ALCS] va organiser avec des associations partenaires avec lesquelles nous venons de créer un réseau associatif de lutte contre le SIDA", a-t-il expliqué à Magharebia.
L'Association SIDA-Entreprise Maroc constitue une passerelle entre le patronat marocain et les ONG de lutte contre le SIDA. Son président, Brahim Sahib, souligne l'importance de la mise en place de ce réseau et confirme que son association jouera un rôle actif lors de la marche prévue en décembre. "Le SIDA devient menaçant et sérieux, il faut le combattre par tout les moyens", a-t-il indiqué.
"L’engagement d’un patron dans sa boîte est très important pour sensibiliser aux dégâts du VIH ou pour la réussite de tout programme lancé dans ce sens."
Ce type d'initiatives de lutte contre le VIH est en partie responsable de la réduction des taux d'infection dans le monde, note le rapport de l'ONUSIDA. Toutefois, le président de l'ALCS, le professeur Hakima Himmich, estime qu'accorder trop d'importance à ces chiffres "pourrait être démobilisateur dans nos actions de lutte contre ce fléau".
L'une des plus importantes voies de transmission du virus reste l'activité sexuelle, ce qui, selon le professeur Himich, nécessite de tirer la sonnette d'alarme au Maroc.
"[Avec] un nombre très important d’infections sexuellement transmissibles, environ 350 000 nouveau cas au Maroc, il y a donc un sérieux danger à craindre", ajoute-t-elle.
"A cela s’ajoute le fait que 40 pour cent des personnes atteintes du SIDA sont des femmes et que 2,4 pour cent sont des professionnelles du sexe", note-t-elle. "Ce qui nous rapproche des pays subsahariens atteints par le SIDA comme le Sénégal."