25/11/2007
Alors que le coût des importations ne cesse de grimper, les chefs d'entreprise algérien disent que la valeur élevée de l'euro face au dollars américain pourrait avoir des répercussions sur l'économie nationale. Selon le Ministre de l'Energie, pourtant, Il n'y a pas de conséquences directes sur les produits de consommation de la baisse du dollar. Pour la simple raison que la hausse du baril compense le manque à gagner.
Par Lyes Aflou pour Magharebia à Alger – 25/11/07
![]() [Getty Images] Chakib Khelil, Ministre de l'Energie et des Mines, affirme que l'OPEP examinera la question de la monnaie d'échange au mois de décembre. |
Une nouvelle étude suggère que le déclin du dollar face à l'Euro pourrait avoir des conséquences négatives sur l'économie algérienne. Cette semaine, l’euro a atteint dans son ascension un record sans précédent depuis la création de cette monnaie en 1999, puisqu’il est échangé contre 1,4752 dollar.
Selon les chiffres d’une analyse faite par la principale organisation patronale algérienne, le forum des chefs d’entreprises (FCE), la dépréciation de 33% du dollar par rapport à l’euro entre 2002 et 2006 a fait augmenter de 14,4% la facture globale des importations algériennes. Ce rapport révèle que 66% des importations algériennes, portant sur des biens d'équipement industriels et des matériaux de fabrication, ont presque doublé au cours de ces cinq dernières années, à 21.5 milliards de dollars.
Dans cette période de hausse de l'euro, les échanges croissants avec la Chine, l'Inde, la Malaisie, la Corée du Sud et le Japon restent profitable, la monnaie d'échange privilégiée de ces pays étant le dollar.
Les échanges commerciaux algéro-chinois, par exemple, impulsés au plus haut niveau suite à la visite du président Bouteflika, en 2006 a connu une tendance à l'accroissement continu ces dernières années. La Chine occupe aujourd'hui la seconde place, après la France, avec 8,28 % des échanges en ce premier semestre de l'année, soit 1.06 millions de dollars (contre 2.32 millions pour l’hexagone). Outre les achats de biens d'équipements, de matière première, les Chinois sont également présents dans les divers chantiers lancés par le pays, dont le projet grandiose d'autoroute Est–Ouest.
La Turquie, les Emirats ont augmenté de 20 % par an leur commerce avec l'Algérie. Les prix des produits asiatiques sont inférieurs de 30 % par rapport aux produits fabriqués en Europe et l'ascension de la monnaie européenne fait le reste.
Chabib Khelil, Ministre de l'Energie et des Mines et Président de l'OPEP, déclare que l’Algérie est d’autant plus épargnée par la flambée de l’euro que son pétrole, le Sahara Blend, de qualité supérieure, est fortement coté et se vend très cher.
« Même si 98% des exportations algériennes sont libellées en dollar, principale monnaie d’échange dans les transactions pétrolières internationales, et que 60% de ses importations proviennent de la zone euro, les records de prix qu’enregistre le baril de pétrole relativisent cette perte de pouvoir d’achat et mettent le pays à l’abri des effets négatifs de ces fluctuations monétaires", a-il dit.
Malgré sa dévaluation, Khalil ajoute que le dollar « restera encore longtemps l’unique monnaie d’échange » sur le marché pétrolier international.
C'est pourquoi, selon l’expert algérien en économie, El-Hachemi Siagh, la solution pérenne pour l’Algérie réside dans " la diversification de ses exportations dans le sens qui réduise sa dépendance des hydrocarbures " .
Selon Chakib Khelil, l'OPEP examinera la question de la monnaie d'échange lors de la prochaine réunion ministérielle le 5 décembre à Abou Dhabi.