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Maroc : des projets pour combler les pertes sociales

22/11/2007

En dépit des efforts du gouvernement et de la société civile pour lutter contre les problèmes sociaux, le Maroc semble encore loin de pouvoir mettre fin à la pauvreté, l'analphabétisme et le chômage.

Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 22/11/07

[File] Abderahim Harouchi, ancien Ministre du Développement Social, a dit qu'une croissance économique insuffisante liée à un fort taux de natalité a réduit l'efficacité de la politique sociale publique.

Malgré les importantes réformes engagées par le Maroc dans le domaine social et les efforts fournis par acteurs étatiques et privés, quelques déficits sociaux persistent encore. Abderrahim Harouchi, ministre du développement social, de la Famille et de la solidarité signale qu'une croissance économique insuffisante, un taux de croissance démographique soutenu, et un retard du développement du monde rural ont entravé l'efficacité des politiques publiques.

Les chiffres témoignent de certains problèmes sociaux. Selon les statistiques officiels, le taux de pauvreté relative est de 14.2 %, celui du chômage est 9.6 %, l’analphabétisme représente 40 %.

Mohamed Najib Guedira, directeur de l’agence de développement social, indique que le développement est l'affaire de tout un chacun. " La lutte contre la pauvreté passe d'abord par l'amélioration des revenus. Il faut non seulement résorber le déficit en matière d'équipement mais aussi le déficit national en matière de faiblesse des revenus. ", dit-il.

Son département a pour rôle d’accompagner les projets sociaux dans les communes même les plus éloignées. Les deux tiers de ses projets sont portés par les associations.

" La plupart des associations ne travaillent pas collectivement. Mais, depuis deux ans, on assiste à une autre réalité : les associations se constituent dans le cadre des réseaux pour être plus dynamiques." Un réseau national de développement social a été constitué l'année dernière et regroupe les chercheurs, les acteurs de la société civile, les décideurs administratifs et les entreprises privées.

Par ailleurs, Guedira souligne que malgré les problèmes, il est lieu de se féliciter des avancées dans les domaines de la santé, de l'éducation, du logement, de l'accès aux services de base, des retraites et de la protection sociale ainsi que de l'émergence et le dynamisme de la société civile et du mouvement des femmes.

Le professeur de sociologie Jamal Maktoum signale la dynamique de développement dans laquelle le Maroc est engagé notamment depuis le lancement de l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH) en mai 2005.

" L’INDH constitue un tournant conceptuel majeur dans la conduite des politiques publiques dans le domaine du développement humain et social. Mais, il faut la conjugaison des efforts de tous pour pouvoir lutter contre les fléaux sociaux comme le chômage et la pauvreté ", précise-t-il.

Dans le cadre de l’INDH, 1 104 projets ont été lancés en 2005, plus de 6 000 ont été mis en chantier en 2006 . En 2007, on s’attend à ce que le nombre des projets atteigne 7000.

Jusqu'à présent, ces projets ont coûté approximativement deux milliards de dirhams à l'INDH.