20/11/2007
Le Premier Ministre algérien Abdelaziz Belkhadem a explicitement exhorté les militants de son parti à faire campagne en faveur d'un amendement de la constitution qui permettrait la ré-élection du Président Abdelaziz Bouteflika en 2009.
Par Achira Mammeri pour Magharebia à Alger – 20/11/07
![]() [Getty Images] Un amendement constitutionnel permettrait à Bouteflika de briguer un troisième mandat présidentiel |
Ce qui n’était qu’une rumeur au sujet de la succession en 2009 vient de se confirmer : le chef du gouvernement algérien, Abdelaziz Belkhadem, confirme que le président Abdelaziz Bouteflika cherchera rapidement un amendement constitutionnel, car il souhaite briguer un troisième mandat.
lors d’une rencontre qui s'est tenue tenue au siège de l’Assemblée populaire nationale APN, mercredi 14 novembre. Belkhadem a explicitement exhorté les militants du Front de libération national FLN à soutenir la démarche présidentielle en entamant une campagne de sensibilisation auprès des citoyens et en approuvant le nouveau projet de loi une fois qu'il aura été soumis à la chambre parlementaire.
Belkhadem avait déjà soutenu le projet d'amendement lorsqu'il se démarchait les électeurs pour son parti en faveur du scrutin local du 29 novembre. Durant un meeting, lundi, à Constantine, il a appellé les militants du FLN à faire campagne pour la ré-élection du Président. Selon le quotidien Liberté, le chef du Gouvernement aurait dit que ce troisième mandat "n'était pas un slogan de campagne, plutôt un appel aux militants du parti à avancer dans la politique de réconciliation nationale".
L'article 74 de la constitution algérienne limite la durée du mandat présidentiel à cinq ans, et il n'est renouvellable qu'une seule fois. Bouteflika a déjà été élu deux fois, en 1999 et 2004, et devrait quitter la présidence dans 16 mois.
Afin d'assurer la réussite de son plan, Belkhadem, chef du Gouvernement et secrétaire-général de la majorité FLN devra obtenir l'appui de ses députés, qui sont actuellement divisés en deux factions, l'une soutenant Belkhadem et l' autres, qui se réclame de son rival Ali Benflis (candidat malheureux aux élections présidentielles de 2004 et ancien leader du FLN.)
Dans un entretien repris de toute part et accordé par Bouteflika à l’Agence de presse italienne Ansa , le Président s'est refusé à évoquer la succession.
A une question sur ce sujet, le chef de l’Etat algérien a répondu " Vous voulez m’entraîner dans des spéculations sans intérêt véritable. Je ne m’y prêterai donc pas mais souligne tout de même mon attachement au respect, en toute circonstance, de la souveraineté du peuple algérien et des modalités démocratique par laquelle celle-ci doit s’exprimer."
Depuis son accession au pouvoir, Abdelaziz Bouteflika n’a jamais caché son intention de revoir le texte fondamental de l’Etat. Plus tôt cette année, Belkhadem a fait savoir que trois propositions d'amendements avaient été transmises au Président pour étude. Le Gouvernement devrait organiser un référendum sur la révision de la Constitution du pays, afin de proposer que le système parlementaire actuel soit remplacé par un système présidentiel.
Les ambitions d'un troisième mandat pour Bouteflika ont longtemps trouvé une opposition en raison de l'état de santé du président, jugé faible. En 2006, le dirigeant avait subi une intervention pour un ulcère de l'estomac, mais le quotidien algérien El Nahar a déclaré samedi, citant les médecins gouvernementaux, que "la convelescence duPresident Bouteflika est terminée".
De nombreux partis attendent l'annonce officielle faite par Bouteflika avant d'adopter une position. Chihab Seddik, numéro trois du Ralliement National pour la Démocratie, affirme à Magharebia " qu’il souhaite attendre l’annonce officielle de la date du référendum avant de s’exprimer sur ce dossier". Le Secrétaire-Général du Parti Ahmed Ouyahia a déjà déclaré qu'il soutiendrait toutes les initiatives prises par le président, y compris la révision constitutionnelle.
Le part islamiste du Mouvement pour la Société de la Paix, qui fait partie lui aussi de l'alliance présidentielle, adopte le même ton. "Il y a encore beaucoup de confusion autour de cette question. Nous ne savons pas si le Président de la République veut réviser le texte fondamental dans son ensemble, ou s'il s'agit seulement de l'article 74 qui autorisera simplement un troisième mandat", dit le Vice-President du Parti, Abdelkader Mokre.
"Dans le second cas," ajoute-t-il, "la vraie question à laquelle il faut répondre est celle-ci : Etes-vous en faveur d'un troisième mandat pour le Président - oui ou non ?" Seul le comité consultatif du part sera capable de répondre à cette question."
Au cas où le Président choisisse la première option, Mokre dit que le parti " insistera sur le fait que les Droits de l'Homme et les libertés politiques, ainsi que la préservation de la continuité nationale, doivent être assurés."