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Le Maroc développe la construction de logements sociaux

15/11/2007

Pour répondre au problème des bidonvilles et d'une pénurie générale de logements, le Maroc a annoncé la construction de nouveaux logements sociaux pour les familles à bas revenu.

Par Imane Belhaj pour Magharebia à Casablanca – 15/11/07

[Imane Belhaj] De nouveaux logements sociaux constitueront une alternative aux bidonvilles

Le Ministre marocain de l'Economie et des Finances Salaheddine Mezouar a annoncé lors d'une conférence de presse à Rabat le 9 novembre qu'une nouvelle forme de logement sera mise à la disposition des familles les plus déshéritées du pays, avec un prix qui ne devrait pas dépasser les 140 000 dirhams. Lors de la présentation du projet de loi de finance le 7 novembre devant la Chambre des Représentants, M. Mezouar a indiqué que les promoteurs intéressés par une participation dans ce projet pourront bénéficier d'une exemption fiscale intégrale. Les promoteurs devront construire cinq cents unités de logement dans les zones urbaines et cent dans les zones rurales. La vente se fera au prix coûtant.

Les réactions à cette annonce vont du soulagement à l'appréhension au sein de familles désireuses de posséder leur propre maison répondant aux normes minimales de qualité. Certaines d'entre elles, en particulier celles habitant dans les bidonvilles, ont exprimé leur joie. Ibrahim, un habitant de l'un de ces quartiers à Casablanca, fait vivre une famille de six personnes avec un salaire d'électricien occasionnel. Pour lui, 140 000 dirhams est un prix raisonnable, conforme à la politique d'élimination des bidonvilles lancée par le pays. Il ajoute que ce prix reste accessible pour des personnes à très bas revenu ou indépendantes et donc éligibles pour des prêts bancaires.

Fatima, dont la maison est sur le point de s'effondrer, déclare qu'elle a longtemps rêvé d'avoir sa propre maison, qui lui rendrait dignité et lui permettrait de mener une vie décente, mais qu'elle ne pouvait pas au vu des prix du marché, de 200 000 dirhams pour ce type d'appartement. Les conditions de prêt le lui interdisaient, car elle ne pouvait proposer ni garant ni caution. "J'espère qu'il n'y aura aucune manipulation", explique-t-elle, "et que ces appartements ne seront pas donnés à des gens qui n'en ont pas besoin".

Le Premier Ministre Abbas El Fassi a déclaré à la fin du mois dernier que 150 000 logements seront construits au Maroc d'ici début 2008 pour commencer à remédier à une pénurie de logements urbains estimée à 750 000. Ce projet sera réalisé sur une base régionale, en partenariat avec l'initiative "Villes Sans Bidonvilles".

Les prêts pour l'accès à ces logements seront fournis par le Fonds de Garantie pour les Revenus Irréguliers et Modestes (FOGARIM), pour des durées pouvant aller jusqu'à cinquante ans, sans acompte, et avec des remboursements mensuels de 500 dirhams. Ces prêts pourraient concerner près de quinze millions de personnes, selon les statistiques actuelles. Le FOGARIM avait été institué par le gouvernement en 2003, pour aider les primo-acquérants disposant de moyens financiers modestes ou ne pouvant fournir de renseignements précis sur leurs revenus mensuels - comme les artisans, les marchands ambulants et les chauffeurs de taxi.

Pour tenter de diversifier le marché de l'immobiliser et en réponse à une forte demande de logements de la part de la classe moyenne, un programme national a également été annoncé pour la construction de 50 000 maisons en 2008, dans une gamme de prix variant de 800 000 à 1 000 000 dirhams.