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Les jeunes diplômés chômeurs marocains demandent des emplois dans le secteur public

15/11/2007

Diplôme en poche, mais désillusionnés par les possibilités d'emplois dans le secteur privé, les jeunes chômeurs marocains ont organisé lundi une manifestation devant le siège du parti Istiqlal.

Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 15/11/07

[Sarah Touahri] Les jeunes diplômés chômeurs demandent un recrutement sans condition dans le secteur public

Plusieurs jeunes diplômés marocains au chômage ont bloqué l'entrée du siège du parti Istiqlal à Rabat, lundi 12 novembre, pour demander du travail dans le secteur public.

Les membres des trois groupes de manifestants différents représentant les diplômés ont indiqué que dans la mesure où l'Etat les a formés, il a aussi le devoir de leur assurer un emploi conforme à leur niveau de formation.

Les manifestants ont indiqué que l'emplacement choisi pour ce sit-in – à l'extérieur du siège du parti Istiqal du Premier Ministre Abbas El Fassi – avait été choisi après que M. El Fassi se soit engagé à créer quelque 16 000 emplois dans le secteur public en 2008.

Ces jeunes affirment qu'un accord signé avec le précédent gouvernement en août n'a pas encore été mis en oeuvre. Aux termes de cet accord, les diplômés devraient être prioritaires lors des examens d'embauche dans la fonction publique, et une commission spéciale doit être mise en place pour surveiller le processus et informer les candidats de leur statut prioritaire.

Les manifestants se sont plaints que cette commission n'ait pas encore été instaurée, et ont demandé l'abolition des tests écrits comme condition d'emploi à des postes d'Etat. "Nous voulons que ces tests écrits soient abolis, parce que la loi ne les mentionne pas. Cette stratégie permet uniquement à ceux qui connaissent des responsables de disposer des postes disponibles", explique Ahmed Gandou, membre du groupe de protestation Hiwar. Il explique que ce sit-in est organisé en réaction à une récente décision du Ministère de l'Education de recruter mille chômeurs pour des emplois de bureau, mais après seulement qu'ils aient passé des tests écrits et oraux.

Selon le gouvernement, l'époque où tous les diplômés au chômage pouvaient être recrutés dans la fonction publique est révolue. Le gouvernement a affirmé que l'accord du mois d'août est clair. Il se dit partisan d'une approche préférentielle pour faciliter l'accès des diplômés chômeurs à la fonction publique en leur donnant la priorité pour passer les concours de recrutement. Cet accord prévoit également la requalification d'environ mille diplômés chômeurs en vue de faciliter leur intégration dans les secteurs les plus porteurs de l'économie nationale.

Dans sa déclaration devant le parlement, le nouveau gouvernement avait promis de créer quelque 250 000 emplois par an, en fonction de l'augmentation du taux de croissance. Mais les manifestants ont tourné le dos au secteur privé auquel ils n'accordent qu'une confiance limitée. Ils menacent d'organiser d'autres actions jusqu'à ce que leurs demandes soient prises en compte et qu'ils puissent être recrutés sans condition dans le secteur public.