26/10/2007
Depuis presque 18 mois, le projet Tamounte, visant à implanter l'arganier chez les habitants de Sousse et à les former sur cette culture, continue de tenir ses promesses. Les organisateurs espèrent que la popularité croissante de l'huile d'argan sur le marché international, alliée à de plus grands efforts de conservation, contribueront au développement de la culture durable de l'olivier du Maroc.
Par Imane Belhaj pour Magharebia à Casablanca – 26/10/07
![]() [Getty Images] Des femmes marocaines écrasent des noix d'argan afin d'en faire de l'huile. L'arganier reste inconnu à de nombreuses personnes car il ne pousse que dans la région sud-occidentale du Maroc. |
Un projet de boisement concernant l'arganier, qui avait débuté en mars 2006, est en cours d'évaluation pour servir à la rédaction un rapport qui devrait être publié en janvier 2008. Le projet de conservation Tamounte a consisté en l'ensemencement de 42 hectares avec un total de 6700 graines de cette espèce menacée.
L'arganier, dont on pense qu'il poussait dans la plupart des régions du Maghreb, ne se développe maintenant que dans le Maroc sud-occidental. L'arbre ne couvrirait dorénavant plus que plus que 8,600 kilomètres-carré, et disparaîtrait à un taux estimé de 500 kilomètres-carré par an. En dépit du fait que les noix issues de cet arbre fournissent des coques au bétail et de l'huile servant en médecine et à la cuisine, de nombreux arganiers ont été abattus pour devenir du bois de chauffage, ou pour nettoyer les terres destinées à d'autres usages agricoles.
Le directeur du projet Tamounte, Mohammed Bendaoud, a dit à Magharebia que la principale initiative nécessaire à l'opération est de procéder au reboisement en arganier, tout en sachant préserver sa contribution financière dans l'économie régionale. L'huile d'argan est utilisée dans la cuisine et dans la médecine marocaines et sa popularité est croissante en Europe et en Afrique du Nord, où elle est utilisée en gastronomie et dans l'industrie cosmétique.
Bendaoud dit que le projet Tamounte comprend une approche participative visant à impliquer les habitants locaux dans le processus de développement. Si par hasard l'exploitation de l'arbre se révèle adéquate à l'objectif du projet, qui est d'utiliser l'arbre comme une ressource économique durable, dit-il, en plus de réouvrir la région qui a été plantée, le projet veut sensibiliser les résidents de la zone de Taksibt à Belfaà à la nécessité de préserver l'arbre.
Le projet de 24 mois permet aux habitants de suivre une formation technique sur la préparation et la plantation de l'arganier, et sur la gestion des ressources naturelles.
Bendaoud déclare que le processus de plantation a réussi à 92% et que pour la première fois des résidents plantent des arganiers sur leurs propres propriétés afin de pouvoir récolter eux-même la valeur ajoutée que l'huile d'argan peut apporter lorsqu'elle est durablement récoltée. Dans le passé, des efforts de préservation avaient été menés, dirigés dans leur majorité par des organisations étrangères.
Ce projet est le fruit d'un effort de collaboration entre des agences locales et le réseau des associations de la réserve biosphère d'argan (RARBA), l'Agence pour le Développement Social au Maroc, l'Union Européenne et l'Agence allemande d'Assistance Technique (GTZ).
Parce que l'espèce ne se trouve maintenant que presque exclusivement dans la région de Sousse, et qu'elle continue à s'éteindre rapidement, l'UNESCO l'a hissée en 1999 au rang de patrimoine mondial, nécessitant des soins et de l'attention. L'organisation a aidé à la création d'une réserve pour cet arbre, par le biais des activités de la société civile locale. Depuis, un certain nombre de programmes ont été mis en oeuvre, avec la volonté d'impliquer les populations locales dans la protection de l'arganier, ainsi qu'un soutien à l'extraction de l'huile d'argan, effectuée de manière responsable.
A l'avenir, les amoureux de l'arganier espèrent créer une carte permettant de localiser les arbres, afin d'encourager les agences de voyage et les professionnels à effectuer des voyages touristiques, à explorer les montagnes et à s'instruire au sujet des traditions et coutumes rattachées à l'arganier, ainsi qu'à sa gestion. Ce type d'écotourisme, combiné à la popularité croissante de l'huile d'argan à l'étranger, pourrait être la clé du préservement de l'espèce.