18/10/2007
La branche marocaine de l'organisation Search for Common Ground a lancé la semaine dernière un nouveau projet visant à assurer des services de médiation aux familles ayant à régler des litiges domestiques. Le directeur national de cette organisation, Abou El Mahassine Fassi-Fihri, a parlé à Magharebia de sa vision de ce projet.
Par Naoufel Cherkaoui pour Magharebia à Rabat – 11/10/07
![]() [Getty Images] Abou El Mahassine Fassi-Fihri a indiqué que ce projet visait à assurer des services de médiation. |
La branche marocaine de l'ONG Search for Common Ground (SFCG) a lancé la semaine dernière un projet de médiation de huit mois en coopération avec l'Association Marocaine contre les Violences aux Femmes (AMVF). Ces associations cherchent à mettre en place un mécanisme de médiation des litiges familiaux par l'intermédiaire d'un centre d'appel exploité par l'AMVF à Casablanca. Si cet essai s'avère fructueux, ce programme sera par la suite étendu aux centres d'appel d'autres associations civiles du même type.
Le responsable marocain du SFCG, Abou El Mahassine Fassi-Fihri, a expliqué à Magharebia que "ce projet cherche à renforcer les capacités institutionnelles des centres d'appel en vue d'aider à résoudre les problèmes familiaux. Ce projet vise également à mieux faire connaître ce type de services, à mettre en place des médiateurs et à leur assurer une formation pour assurer la continuité du projet."
M. Fassi-Fihri ajoute que l'un des buts de la médiation est de gagner du temps et d'éviter le coût d'une action en justice. "En cas de litige familial, le médiateur peut aider à trouver des solutions sans avoir recours aux tribunaux, ce qui implique plus d'argent et plus de temps, durant lequel les problèmes familiaux peuvent s'aggraver."
"Cette idée avait été lancée il y a deux ans", poursuit M. Fassi-Fihri, "aux termes d'un partenariat conclu entre notre association et le Ministère de la Justice, qui remonte à 2004. Ce partenariat devait fonder un cadre juridique et institutionnel pour la pratique de la médiation en général, y compris la médiation commerciale."
Il précise que le programme de médiation familiale ne se limite pas à la violence envers les femmes, mais s'étend à tous les problèmes et litiges familiaux pour tenter de les résoudre rapidement et à l'amiable.
Le premier groupe de médiateurs, dont le personnel des centres d'appel, des avocats et des psychologues, devrait débuter une formation en novembre, par un programme de six jours proposant une formation théorique et pratique. Durant ces six jours, ils bénéficieront d'une formation interactive incluant des exercices de jeu de rôle avec des médiateurs professionnels.
M. Fassi-Fihri pense que d'autres organisations seront incitées à y participer lorsqu'elles verront que l'AMVF bénéficie de la présence des nouveaux médiateurs.
"L'objectif global de ce projet est de renforcer les capacités des centres d'appel actifs dans le domaine de la violence envers les femmes", affirme Saadia Ouadah, membre de l'AMVF et coordinatrice du projet SFCG. "Cela sera possible en renforçant la mise en oeuvre du cadre légal que constitue le Code de la Famille."
Mme Ouadah ajoute que le mécanisme de médiation sera conforme à la philosophie générale du Code de la Famille, qui souligne la création de familles équilibrées. Pour elle, la médiation familiale n'est que l'une des nombreuses manières d'assurer un cadre domestique adéquat.
"Ce projet durera huit mois, au cours desquels l'organisation Search for Common Ground sera chargée de sélectionner les médiateurs et de leur assurer une formation. A la fin, nous organiserons une conférence de presse pour présenter un "Manuel du Médiateur", précise-t-elle.
Mme Ouadah affirme que pour réussir, les médiateurs "doivent posséder de bonnes techniques de communication. Ils doivent être capables et efficaces pour combler les différences, et faire preuve d'une totale impartialité."