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Les traditions marocaines de l'Aïd al-Fitr imposent des contraintes financières aux familles

11/10/2007

Pendant l'Aïd al-Fitr, de nombreux Marocains perpétuent des traditions héritées de leurs ancêtres. L'achat de nouveaux vêtements pour les enfants est une activité essentielle de ce jour de fête, même si cela place parfois les parents dans des situations financières difficiles.

Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 11/10/07

[Sarah Touahri] Les boutiques de prêt-à-porter ne désemplissent pas à la veille de l'Aïd al-Fitr.

A l'approche de l'Aïd al-Fitr, l'activité devient prospère pour bon nombre de commerçants marocains. Chaque année, à la veille de la fête, les magasins de vêtements se remplissent du matin au soir de parents venus acheter de nouveaux vêtements pour leurs enfants.

La demande de vêtements pour enfants et traditionnels connaît une véritable explosion, et de nombreuses familles doivent consentir des sacrifices financiers importants pour maintenir les traditions et faire plaisir à leurs enfants. Les achats de cette année sont particulièrement difficiles, car la fête coïncide avec la rentrée scolaire et survient dans un climat général de hausse des prix.

Pour respecter la tradition des cadeaux et créer une ambiance de fête, certains Marocains se voient même contraints de s'endetter.

C'est le cas de Bensalem Hamdane, un employé. Père de famille, il ne peut pas priver ses enfants de joie pendant la fête. "Je n'ai pas assez d'argent, car j’ai tout dépensé pendant les vacances et lors de la rentrée scolaire. Heureusement que je connais ce marchand que je vais rembourser par traites mensuelles. Il fallait que j’achète de nouveaux habits pour mes deux enfants. C’est la tradition."

On assiste chaque année à une frénésie d'achat durant les quatre derniers jours du Ramadan. Les propriétaires des magasins du prêt-à-porter enregistrent une grande affluence. Ils attendent avec impatience l'arrivée de l'Aïd al-Fitr.

Samira Zainabi, 29 ans, travaille dans un grand magasin de vêtements de Rabat. "Nous sommes très occupés. Nous travaillons toujours d'arrache-pied pendant cette période. Et la marge de bénéfice est grande, car les clients ne marchandent pas beaucoup, conscients que la demande est grande."

Un vendeur dans l'une des boutiques du centre-ville de la capitale explique à Magharebia, l’air essoufflé : "Le travail devient de plus en plus pressant. C’est la période la plus florissante de l’année."

Dans l'ancienne médina de Rabat, l'activité est flamboyante. Un sentiment de joie et de béatitude se lit sur le visage des enfants. "Je suis très contente. Ma mère m'a acheté les vêtements de l'Aïd. Il ne me reste plus que les chaussures pour que je sois belle le jour de la fête", déclare Nisrine, âgée de 6 ans, les yeux brillant de bonheur.

Le sociologue Ahmed Chaabouni explique à Magharebia qu'il est impossible de changer les mentalités. "Les Marocains, toutes classes sociales confondues, essaient de sauvegarder les coutumes dont ils ont hérités depuis des décennies. C'est la seule façon pour eux de vivre des moments agréables lors de la fête. Le bonheur de leurs enfants devient incontestablement le leur".

Pour maintenir la tradition, l'habit traditionnel est de rigueur pendant cette fête. Hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, se ruent sur les boutiques spécialisées. "Je veux une djellaba neuve pour l'Aïd. Mais il ne reste pas beaucoup de temps. Je préfère en acheter une déjà faite, quoiqu’elle soit plus chère", explique une jeune fille, admirant les vêtements exposés dans une vitrine du centre ville.

La frénésie d’achat à l’approche de l’Aïid ne concerne pas uniquement les habits, mais aussi toutes sortes de gâteaux et de friandises. Les Marocains ne se privent pas de bonheur durant leur fête. C’est l’occasion aussi de visiter la famille et d’oublier les différends, et de tourner une nouvelle page dans la vie.