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De plus en plus de familles marocaines conscientes de l’intérêt du préscolaire

04/10/2007

Les familles marocaines sont de plus en plus conscientes de l’importance de l’enseignement préscolaire dans la réussite scolaire. Mais le secteur pâtit de quelques déficits, en particulier pour les familles déshéritées et en milieu rural.

Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 04/10/07

[Sarah Touahri] Les premières années de la vie d'un enfant conditionnent sa réussite scolaire ultérieure.

Les Marocains inscrivent de plus en plus leurs enfants dans des programmes d'enseignement préscolaire. Même les parents des couches défavorisées de la société sont conscients de l'importance de cet enseignement et tentent, malgré la faiblesse de leurs moyens, d’inscrire leurs enfants dans des établissements privés. Mais, dans les campagnes, les familles se retrouvent face au manque des établissements.

Selon les responsables et les propriétaires des établissements préscolaires, beaucoup reste à faire pour donner à cet enseignement la place qu’il mérite. Les derniers chiffres publiés en 2005 par le Haut Commissariat au Plan montrent que 740 511 enfants âgés de moins de six ans, soit près de la moitié des enfants en âge d'être préscolarisés, sont inscrits dans ces écoles. Pratiquement tous ceux qui fréquentent des établissements préscolaires modernes vivent dans les grandes villes du pays. L’enseignement préscolaire coranique prédomine toutefois, avec 88,4 pour cent des enfants, et est répandu dans l’ensemble du pays.

Selon la Direction de la Coopération et de l'Enseignement Privé au Ministère de l'Education Nationale, le secteur pâtit d’un grand déficit en matière d'enseignement préscolaire par rapport aux objectifs de la charte nationale d'éducation et de formation, notamment en ce qui concerne la scolarisation des petites filles.

Selon Rahim Anouloufe, gérant d’une crèche à Rabat, les tares de cet enseignement persistent encore : inaccessibilité à tous, absence de prise en charge des éducateurs par le secteur public et certaines contradictions dans la perception des objectifs de cet enseignement, insuffisance de la formation continue…

Le Ministère de l'Education Nationale appelle la coopération internationale et l'apport de la société civile ainsi qu’une implication directe des collectivités locales pour l'expansion de l'éducation préscolaire, en particulier dans le milieu rural. Il s’agit de consacrer une partie des recettes des conseils provinciaux et des collectivités locales au profit de l'enseignement préscolaire. Au niveau international, le gouvernement marocain espère obtenir une aide financière, en faveur de l’éducation de la petite enfance.

L’enseignement Abbas Farnatchou explique que la réussite scolaire est très influencée par les premières années de la vie de l'enfant. Il ajoute que l'éducation de la petite enfance constitue une passerelle linguistique pour l'enfant, contribue à lutter contre la déperdition scolaire et contre le travail des enfants, et aide à l'ancrage de l'enfant dans son milieu, "d’où l'importance de l’implication de l’Etat et de la généralisation [de l'enseignement préscolaire] dans les écoles publiques."

Jusqu’à présent, le préscolaire repose essentiellement sur le secteur privé. Rares sont les écoles publiques qui comportent des classes de maternelle. Selon le ministère de l’Education nationale, la priorité est accordée en premier lieu à la généralisation de l’enseignement primaire. Ce n’est qu’une fois que cet objectif atteint que l’enseignement préscolaire et primaire seront intégrés pour constituer un socle éducatif cohérent.

En attendant que le préscolaire soit généralisé dans l’enseignement public, nombreux sont les parents qui, n’ayant pas les moyens, souffrent pour payer le prix de la maternelle. "Je suis conscient que le préscolaire est important dans la vie de l’être humain", affirme Abderrahim Maghloufi, un mécanicien. "C’est pour cette raison que je m’efforce de payer 300 dirhams par mois pour la scolarisation de ma fille, même si je n’ai pas les moyens nécessaires."