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Le renouvellement de l’élite parlementaire suscite le débat au Maroc

01/10/2007

Un certain nombre de responsables politiques influents ont perdu leur siège au parlement lors des élections du 7 septembre. La nouvelle donne de la structure du pouvoir qui en résulte soulève des questions quant à la capacité du parlement à remplir sa mission avec efficacité pour un nouveau mandat.

Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 01/10/2007

[Sarah Touahri] Plusieurs parlementaires influents ont perdu leur siège

L’échec de plusieurs "grosses pointures" lors des élections du 7 septembre au Maroc a suscité un vif débat sur la capacité du parlement à mener à bien sa mission. Plusieurs membres influents du parlement, connus pour leur rôle dans la législation et le contrôle du gouvernement, n’ont pas réussi à conserver leurs sièges, parmi lesquels Abdelhamid Aouad, Driss Lachguer et Abdelkebir Tabnih.

Lahcen Daoudi, parlementaire et membre du bureau politique du Parti de la Justice et du Développement, a déclaré à Magharebia que la perte d'un certain nombre d’anciens députés issus notamment des partis de l’Istiqlal et de l’USFP constituait une véritable entrave à l’action de l’institution législative. "A cause de l’utilisation de l’argent sale, nombre de candidats incompétents sont parvenus à s’arracher des sièges au parlement. Le problème se posera au niveau des commissions chargées de l’examen et de l’étude des textes", a-t-il déclaré. Il prévoit en outre, en dehors du PJD, l’absence d’une véritable opposition capable d’exercer une pression suffisante pour faire passer ses propositions, et des difficultés pour les partis politiques à mandater les présidents de commissions.

Tajeddine el-Husseini, professeur de droit à l'Université Mohammed V de Rabat, ne partage pas cet avis. Il a affirmé à Magharebia que le départ des poids lourds de la politique pouvait donner aux nouveaux venus un espoir et une plus grande latitude dans l'exercice de leurs mandats. Pour lui, les membres sortants, qui occupaient la scène politique depuis de nombreuses années, exerçaient un véritable monopole sur les activités du parlement en présidant l'ensemble de ses groupes, de ses commissions et de ses sessions. "Je pense que le citoyen marocain se sentira mieux en voyant de nouveaux députés qui sont peut-être plus spécialisés au niveau scientifique et culturel et plus proches des soucis quotidiens du peuple marocain. Le nombre des diplômés au sein du parlement augmente de plus en plus, même si les notables sont toujours présents", a-t-il conclu.

Le parlementaire Mohamed Moubddi est d'accord avec le professeur el-Husseini, et affirme que la reconstitution de l'élite parlementaire ne constitue pas une entrave au progrès, comme l'affirment certains observateurs, mais qu'au contraire, elle donnera un nouveau souffle à un parlement qui est toujours accusé de ne pas faire avancer les choses. Il a expliqué que le travail du parlement reposait sur un effort collectif. "Le député ne travaille pas seul. Derrière lui se trouve toute une équipe, aussi bien au niveau de son groupe parlementaire que de son parti."

Fatima Mustaghfir, députée du Mouvement Populaire, indique que les électeurs ont renouvelé leur confiance dans les gens qui font un travail de proximité, et que pour rehausser l’action du parlement, la mission d’encadrer les nouveaux représentants de la nation incombe aux anciens parlementaires réélus. "Mais, il faut en premier lieu que tout le monde comprenne la mission du parlement pour effectuer un travail de qualité, à savoir la législation et le contrôle du gouvernement."

Elle ajoute que le problème ne réside pas dans les députés, mais plutôt dans l’institution législative elle-même, qui a besoin d’une mise à niveau afin de donner une force aux propositions de loi.