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Les fournisseurs d'accès à Internet en Algérie se plaignent du retard pris par ce secteur

26/09/2007

L’Algérie accuse un retard considérable dans le domaine de la production de l’information via Internet. Le pays ne compte que 5000 noms de domaines et seulement 200 000 abonnés à l'ADSL.

Par Lyes Aflou pour Magharebia à Alger –26/09/07

[Getty Images] La révolution de la téléphonie mobile en Algérie n'a pas été suivie de la révolution d'Internet.

Selon les providers algériens, l’évolution du secteur en Algérie est extrêmement lente, y compris par rapport aux pays voisins. Ils en veulent au gouvernement de ne pas encourager le développement du secteur des technologies de l'information (TI). Car si la Tunisie dispose de 16.000 noms de domaines, l’Algérie n’en compte que 5000.

Lors d’un débat organisé sur ce thème à Alger le 20 septembre, Mohamed Saïdi, président d’une entreprise en informatique, a relevé que l’Algérie fait peu pour le développement des technologies de l’information, et a cité des exemples probants de pays dans le monde qui font de ce créneau un axe de développement stratégique.

Il a évoqué le cas de l’Inde qui, grâce à Internet, a réussi à exporter en 2005, des services pour un montant de 25 milliards de dollars. Il a ajouté, à titre d’illustration, le cas des USA qui accordent un intérêt particulier à ce secteur. La part de ce pays dans les dépenses mondiales consacrées à Internet est de l’ordre de 65%, dit-il.

Ali Kehlane, directeur général de Satinker, un fournisseur de services, a abondé dans le même sens, en regrettant que l’évolution de la téléphonie mobile n’ait pas été suivie par celle d'Internet. Il a indiqué que l'Algérie comptait seulement 2,1 millions d’internautes, contre 21 millions d’abonnés à la téléphonie mobile. Une grande partie des institutions de l’Etat ne disposent pas de sites web, et ceux qui existent souffrent d'un manque parfois total de mises à jour.

Un projet gouvernemental destiné à relier tous les ministères par le biais d'un réseau intranet, lancé pompeusement en 2004 et qui devait au départ être achevé en 2006, n'a pas encore vu le jour. Ce retard fait que l’Algérie, selon M. Kehlane, dépend entièrement des produits on-line de l’étranger.

"Je ne peux pas imaginer dans le monde d’aujourd’hui une entreprise sans un PC et sans Internet", déclare Mohamed Bouzer, directeur général de ABM. Il ajoute que le pays doit lancer la révolution des TI pour faire face aux défis de la modernité. Avec des importations de 200 000 PC par an, indique-t-il, le pays ne peut prétendre à une performance qui la rapproche de la norme universelle.

Un autre provider, Mohamed Hamzaoui, président de Seri, tire aussi la sonnette d’alarme sur le manque à gagner, en matière de production de l’information via Internet. "Internet, ce n’est pas envoyer et recevoir des mails ou des dossiers. C’est un moyen d’informer et de s’informer ", dira-t-il, déplorant le confinement de cet outil de communication dans le rôle de moyen de divertissement.

Pour stimuler le secteur, Hamzaoui préconise de réduire les coûts d’accès à Internet, de garantir une meilleure régulation du marché, la création d’un haut conseil des nouvelles technologies, l’interconnexion de tous les providers et l’émergence d’un autre opérateur pour un nouveau réseau filaire.

L’Algérie compte actuellement 200.000 abonnés à l’ADSL alors que les autorités ambitionnent d’étirer ce chiffre pour atteindre trois millions en 2009. Selon les participants à ce forum, cet objectif sera impossible à atteindre si des mesures d’encouragement ne sont pas mises en place.