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El Fassi nommé nouveau Premier Ministre marocain

20/09/2007

Le Roi Mohammed VI a nommé le secrétaire général du parti Istiqlal, Abbas El Fassi, au poste de Premier Ministre marocain, conformément aux résultats des élections législatives du 7 septembre, qui avaient vu Istiqlal arriver en tête du scrutin, avec 52 sièges à la Chambre basse du parlement.

Par Naoufel Cherkaoui pour Magharebia à Rabat - 19/09/07

[Getty Images] Abbas El Fassi (à gauche) s'entretient avec le Roi Mohammed VI au Palais Royal de Rabat, le 19 septembre.

Le Roi Mohammed VI du Maroc a reçu le leader du parti Istiqlal et ancien Ministre d'Etat sans portefeuille Abbas El Fassi, mercredi 19 septembre dans l'après-midi, à Rabat, pour le nommer Premier Ministre et le charger de mener les consultations avec les autres formations politiques en vue de la formation du prochain gouvernement.

Le souverain a confirmé que "la nomination de M. Abbas El Fassi reflète le respect de la royauté pour les traditions démocratiques en place et prend en compte les résultats des élections du 7 septembre, qui ont façonné la nouvelle Chambre des Représentants".

La nomination de M. El Fassi fait suite à une série de consultations entre le Roi et les leaders des principales formations politiques du pays. Pour pouvoir être entendu par le Roi, un parti devait avoir obtenu vingt sièges -- la représentation minimale requise pour former un groupe parlementaire -- lors des récentes élections législatives.

"Sa Majesté le Roi m'a fait l'honneur de me charger de conduire les négociations nécessaires avec les partis marocains en vue de la formation du prochain gouvernement", a déclaré M. El Fassi à la suite de sa nomination par le souverain. "C'est un grand honneur et une grande responsabilité dont je suis pleinement conscient. J'entamerai dès demain les consultations avec les partis, et respecterai les conseils du Roi pour que le Maroc puisse disposer d'un gouvernement à même de répondre aux défis et aux enjeux ; un gouvernement qui se consacrera à trouver des solutions aux problèmes actuels, en particulier dans le domaine social."

Commentant cette nomination, le secrétaire général du Parti pour le Progrès et le Socialisme, Ismail El Alaoui, a déclaré à Magharebia : "Cette nomination était attendue, car elle est logique et conforme aux pratiques démocratiques, ainsi qu'à l'engagement que Sa Majesté le Roi avait pris lors de son discours du mois d'octobre 2004 devant le parlement, au cours duquel il avait indiqué qu'il désignerait le chef du parti ayant remporté le plus grand nombre de sièges au parlement."

M. El Alaoui a ajouté: "J'espère que le nouveau Premier Ministre sera capable de former un gouvernement qui adoptera la même approche que celle adoptée par les gouvernements successifs depuis 1998, mettant l'accent sur les considérations sociales et sur la réalisation des attentes du peuple marocain dans un certain nombre de domaines, au premier rang desquels l'emploi, les questions sociales et le problème de la corruption."

M. El Fassi avait déclaré plus tôt qu'il s'attendait à ce que la majorité actuelle, composée de Istiqlal, de l'Union Socialiste des Forces Populaires, du Parti pour le Progrès et le Socialisme, du Rassemblement National des Indépendants et du Mouvement Populaire, compose le nouveau gouvernement.

Bien que le Parti pour la Justice et le Développement (PJD), un parti conservateur, soit arrivé en deuxième place au nombre de sièges lors des récentes élections législatives, M. El Fassi avait déclaré à un journal local vendredi dernier : "C'est une question de principe; nous ne verrons pas Istiqlal et le PJD au sein du même gouvernement."

Il a également indiqué que le PJD avait "franchi la ligne" lorsqu'il avait affirmé que la scène politique au Maroc était divisée entre, d'une part, le PJD et, d'autre part, les partis "sales".

M. El Fassi, un avocat âgé de 67 ans, sera le 29ème Premier Ministre du Maroc. Il avait auparavant occupé les portefeuilles du Logement (1977-1981), de l'Artisanat et des Affaires Sociales (1981-1985), avait été ambassadeur en Tunisie et auprès de la Ligue Arabe (1985-1990), ambassadeur en France (1990-1994), et Ministre de l'Emploi en 2000. Il avait été élu secrétaire général de Istiqlal en 1988.

Aux termes de l'article 24 de la constitution marocaine, le Roi nomme le Premier Ministre, puis le reste du gouvernement, sur proposition du Premier Ministre.