19/09/2007
Le Roi Mohammed VI a convoqué jeudi 13 septembre les responsables de tous les partis ayant remporté plus de vingt sièges dans le prochain parlement. Ces consultations visent à aider le souverain à nommer le prochain Premier Ministre du pays. Certains partis ont organisé leur propre réunion pour déterminer le nouveau paysage politique de cette législature.
Par Naoufel Cherkaoui pour Magharebia à Rabat – 17/09/2007
![]() [Naoufel Cherkaoui] Le Roi Mohammed VI rencontre le secrétaire général du Parti pour la Justice et le Développement, Saâd Eddine El Othmani. |
Dans le cadre de ses consultations en vue de désigner le nouveau Premier Ministre, le Roi Mohammed VI du Maroc a reçu jeudi 13 septembre les leaders des partis ayant remporté plus de vingt sièges lors des récentes élections législatives. Certains partis ont profité de l'occasion pour consolider leurs plans et former de nouvelles alliances.
Abbas El-Fassi, secrétaire général du parti conservateur Istiqlal, qui a remporté cinquante-deux sièges au futur parlement, a déclaré à un journal local le 14 septembre : "Je me retrouve aujourd'hui dans une position qui permet à la majorité actuelle de former le prochain gouvernement. Je n'entrevois aucune autre possibilité."
M. El-Fassi a rejeté l'hypothèse d'une participation du Parti pour la Justice et le Développement (PJD), arrivé en seconde position, au prochain gouvernement. "C'est une question de principe : Nous ne verrons pas Istiqlal et le PJD dans le même gouvernement", a-t-il ajouté. Il a indiqué que le parti islamiste avait "franchi la ligne" lorsqu'il avait décrit la politique marocaine comme étant divisée entre, d'une part, le PJD et, d'autre part, les partis "sales".
M. El-Fassi a également rejeté l'inclusion du Parti d'Union Constitutionnelle, arrivé en sixième position au nombre de sièges. "Ce parti est de droite, alors que la majorité actuelle est de centre-gauche", a-t-il expliqué. Commentant les informations selon lesquelles il pourrait composer le nouveau gouvernement, il a déclaré : "Nous devons attendre la décision du Roi. Chacun des membres du bureau exécutif de notre parti a l'étoffe d'un secrétaire général, et celle d'un Premier Ministre."
Mohamed El-Yazghi, sécrétaire général de l'Union Socialiste des Forces Populaires (USFP), a déclaré à l'issue de son entretien avec le Roi que son parti s'était "engagé à travailler dans le cadre du Bloc Démocratique".
Les responsables des partis formant la coalition au pouvoir, le Bloc Démocratique, dominé par Istiqlal et l'USFP, ont tenu une réunion secrète le 12 septembre, au cours de laquelle ils seraient parvenus à un accord sur la nomination du prochain Premier Ministre, qui sera vraisemblement issu des rangs de Istiqlal.
Le secrétaire général du PJD, Sâad Eddine El Othmani, a déclaré à la sortie du palais que son entretien avec le Roi avait porté sur les élections législatives et leurs résultats, ainsi que sur la situation politique nationale. Il a affirmé ne pas avoir parlé avec le souverain de la possibilité d'une participation de son parti au prochain gouvernement.
Mustafa El Mansouri, secrétaire général du Rassemblement National des Indépendants, arrivé en quatrième place lors de ces élections, avec 38 sièges, a déclaré à Magharebia : "Je pense qu'il est normal que la coalition gouvernementale actuelle forme Ie prochain gouvernement, à moins que le Roi n'en décide autrement, dans la mesure où les électeurs ont une nouvelle fois souligné leur confiance dans cette coalition qui a remporté 178 des 325 sièges." M. El Mansouri a indiqué que son parti était prêt à participer au gouvernement ou dans l'opposition, en fonction de ce que lui dictera l'intérêt public du pays.
Interrogé sur le futur gouvernement, le responsable du Parti du Progrès et du Socialisme Ismail El Alaoui a déclaré à Magharebia: "Les citoyens ont renouvelé leur confiance au groupe qui a conduit les affaires publiques. Il est par conséquent logique qu'une telle alliance se poursuive. Mais d'autres considérations peuvent entrer en ligne de compte, qui pourraient changer cet état de fait. J'espère que cela ne sera pas le cas."
Le Parti du Mouvement Populaire (PMP) a constitué une alliance avec le Mouvement Social Démocratique, le Parti du Renouveau et de l'Equité, et le Parti de l'Environnement et du Développement. Cette nouvelle alliance, qui représente 60 sièges, pourrait constituer une force significative à la Chambre des Représentants.
Les Marocains attendent avec impatience la désignation du Premier Ministre par le Roi. Les médias locaux ont désigné les personnalités suivantes comme candidats sérieux à ce poste : Le Ministre du Logement Toufiq Hjira et le Ministre des Transports Karim Ghella, tous deux de Istiqlal ; le Ministre de l'Intérieur Chakib Benmoussa, indépendant; le Ministre délégué auprès du Ministère de l'Intérieur Fouad Ali El Himma, bien qu'il ait clairement exclu une telle possibilité.
Selon la constitution marocaine, seuls les partis remportant plus de vingt sièges sont autorisés à constituer des groupes parlementaires.
Depuis la publication de cet article, durant une réunion Mercredi après-midi au Palais Royal à Rabat, le Roi Mohammed VI a nommé le leader du parti Istiqlal, Abbas El Fassi comme Nouveau Premier Ministre du Maroc.