08/09/2007
Bien qu'elles aient été les élections les plus libres de l'histoire du Maroc, les élections législatives du 7 septembre n'ont pas suscité l'intérêt de la majorité des électeurs et ne les ont pas incités à aller voter.
Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 08/09/2007
![]() [Sarah Touahri] Sur les quelque 15,5 millions d'électeurs inscrits, seuls 41 pour cent se sont rendus aux urnes. |
Les élections législatives au Maroc de vendredi 7 septembre ont été marquées par une forte abstention, en dépit des efforts du gouvernement d'assurer une forte participation. Bien que plus de 15,5 millions de Marocains aient été inscrits pour l'élection des 325 députés de la Chambre des Représentants, le Ministre de l'Intérieur Chakib Benmoussa a annoncé à 20 heures que la participation ne dépasserait vraisemblablement pas 41 pour cent, malgré la campagne de sensibilisation qui avait débuté il y a plusieurs mois, pour encourager les électeurs à se déplacer en grand nombre.
Mohamed Tozy, professeur de science politique à l'Université Hassan II de Casablanca, a affirmé que l'importance de ce scrutin n'avait pas été correctement communiquée au public, parce qu'il n'y avait pas eu "de réels débats de la part du gouvernement ou de l'opposition", et que les plates-formes des partis avaient été "globales et ambiguës".
Le professeur de droit Chakib Badraoui a expliqué que cette faible participation était avant due au fait que les partis politiques ne s'étaient pas réellement attachés à toucher les électeurs. "Les grands partis comme l'USFP et Istiqlal ne travaillent plus comme avant à sensibiliser l'opinion publique."
Pour la première fois au Maroc, le niveau de participation a été annoncé avant la fin du scrutin. Durant toute la journée, le Ministre de l'Intérieur a annoncé que la participation au plan national était de 5 pour cent à 10 heures, de 16 pour cent à 14 heures, de 25 pour cent à 16 heures et de 34 pour cent vers 18 heures, une heure seulement avant que les bureaux de vote ne referment leurs portes. Bien que les responsables des bureaux de vote soient arrivés tôt le matin pour assurer l'ouverture dans les temps, seules quelques personnes s'étaient présentées à 8 heures. En milieu de matinée, un nombre relativement faible d'inscrits avaient voté, malgré la présence de bureaux de vote dans l'ensemble des villes et des villages du pays.
Les officiels attendaient les électeurs et prirent le temps d'expliquer à plusieurs d'entre eux le processus du scrutin. De nombreux électeurs ont déclaré à Magharebia qu'ils n'avaient pas reconnu les symboles des trente-trois partis sur la liste. "Je n'avais aucune idée, je ne connaissais pas les logos", a déclaré El Haj Moussa Sellam, un retraité. "J'ai coché une case au hasard. Je me suis contenté d'accomplir mon devoir civique."
L'ancien Président bolivien Jorge Fernando Quiroga Ramirez, qui dirigeait l'équipe d'observateurs internationaux, avaient espéré que les Marocains se déplaceraient en grand nombre. Après une visite dans un bureau de vote à Rabat, il a affirmé que toutes les observations faites par son équipe devraient être collationnées avant de pouvoir tirer de quelconques conclusions sur ces élections. "Mon expérience en tant qu'observateur d'élections dans de nombreux pays m'a appris que l'on ne peut se faire une idée claire et objective après s'être rendu dans seulement quelques bureaux de vote", a-t-il déclaré. "Le rapport final de la délégation sera publié dans les semaines à venir."
Les représentants des candidats, les membres des associations et les observateurs internationaux étaient également présents dans les bureaux pour veiller au bon déroulement des opérations. Le président du Conseil Consultatif des Droits de l'Homme, une instance gouvernementale, Ahmed Hrezni, a affirmé que ces élections s'étaient déroulées dans de bonnes conditions. "Tous les partis ayant admis que les élections législatives de 2002 avaient été justes, nous attendions cette année la confirmation du fait que nous sommes vraiment entrés dans une ère où la transparence des élections ne sera plus jamais remise en cause. Cela sera un véritable pas en avant pour la démocratie marocaine", a-t-il déclaré.
Les résultats définitifs des élections seront annoncés dimanche soir, deux jours après la fermeture des bureaux - un progrès de quatre jours par rapport aux élections de 2002. Les résultats provisoires des différentes circonscriptions sont attendus samedi à 18 heures.