07/09/2007
Les anciennes fonctions d'imam du candidat du Parti de la Renaissance et de la Vertu (PRV), Abdelbarii Zemzami, et sa dissidence du Parti pour la Justice et le Développement (PJD) ont attiré l'attention sur lui, tant au Maroc qu'à l'étranger. Sa plate-forme de campagne et ses récentes remarques à l'encontre du PJD indiquent la férocité de sa campagne.
Par Naoufel Dekkaki et Hassan Benmehdi pour Magharebia à Rabat et Casablanca – 07/09/2007
![]() [Hassan Benmehdi] Zemzami (au centre) durant sa campagne |
Abdelbarii Zemzami, candidat islamiste du Parti de la Renaissance et de la Vertu (PRV) dans la circonscription de Casablanca-Anfa, a choisi l'ancienne médina comme principal port d'attache de sa campagne. Après avoir rompu les liens avec le PJD pour constituer son propre parti, cet ancien imam de la mosquée al-Hamra s'est adressé pendant trois heures à une foule largement acquise à sa cause. De nombreux journalistes assistaient à ce meeting électoral, car les analystes locaux pensent que cet ancien imam déchu pourrait jouer les trouble-fête dans cette circonscription.
Contrairement à toute attente, il ne s'est pas rendu à la mosquée al-Hamra pour la prière après son discours, préférant apparemment remplir ses obligations religieuses chez lui. Dans une déclaration aux journalistes, Zemzami a déclaré faire tout ce qu'il pouvait pour respecter les règles édictées par le Ministère des Affaires Religieuses. "J'ai été interdit de prêche pendant six ans à la mosquée al-Hamra", a-t-il déclaré, ajoutant qu'il avait également "arrêté de faire des sermons et même interrompu mes cinq prières quotidiennes pour éviter de mélanger les deux activités."
"J'ai décidé de quitter la mosquée et d'entrer sur la scène publique par le biais du parlement", a déclaré Zemzami, "une plate-forme qui me permettra de protéger les droits des gens et de soutenir les projets de développement dans ce pays". Durant toute sa campagne, le candidat du PRV a répété ce slogan à des partisans dont les voix lui seront nécessaires pour battre des responsables politiques ambitieux et des hommes d'affaires pour un siège dans cette circonscription.
Zemzami a également utilisé parfois un language très sévère pour parler de ses adversaires. Ainsi, dans un entretien accordé la semaine dernière à un journal local, il a qualifié son ancien parti du PJD de "parti de la vilainie et du lavage de cerveau". Il a affirmé que le PJD "avait donné le mauvais exemple lors de ses précédentes expériences parlementaires, et avait déçu les gens. Il me semble qu'il n'y a pas de différence entre eux et les autres partis qu'ils critiquent."
Ces propos assez durs de Zemzani font suite à un incident au cours duquel le journal Attajdid, dont le rédacteur en chef Abdel Elah ben Kiran est proche du PJD, avait refusé de publier des articles écrits par le candidat du PRV. "J'ai qualifié les dirigeants du PJD de 'méprisables' parce qu'ils ne respectent pas leurs compagnons", a expliqué Zemzami. "Au cours des quinze années que j'ai passé avec eux, ils n'ont même pas montré la loyauté d'un chien."
Le Centre Marocain pour la Démocratie Electorale a déposé une plainte vendredi dernier auprès du procureur du Roi auprès de la Cour d'Appel, accusant Zemzami d'inciter ses partisans à la haine contre d'autres partis. Zemzami a réfuté cette accusation et déclaré au Centre que le tribunal ne l'avait pas contacté pour qu'il vienne s'expliquer sur les propos qui lui sont prêtés. Zemzami a ajouté que ses déclarations portaient essentiellement sur la nécessité d'une représentation religieuse au parlement, pour pouvoir présenter ses points de vue.
Zemzami avait contribué au succès du candidat du PJD lors des précédentes élections, et cherche actuellement à conquérir l'un des quatre sièges de la circonscription de Casablanca-Anfa face à la candidate de Istiqlal, Yasimina Badou, ministre plénipotentiaire dans le gouvernement sortant, et face à Abderrehim Hajouji, leader du Parti des Forces Citoyennes, qui a conclu une alliance avec le PJD bien que ses partisans se soient depuis détournés de Hajouji pour suivre Zemzami.