07/09/2007
Malgré une faible affluence en début de journée, de nombreux Marocains se rendent aux urnes en cette journée d'élection, dans l'espoir d'élire de nouveaux représentants plus proches d'eux à la Chambre des Représentants.
Par Imane Belhaj pour Magharebia à Casablanca – 07/09/2007
![]() [Getty Images] Un portrait du Roi Mohammed VI du Maroc à travers une urne, dans un bureau de vote du bidonville de Sidi Boumen près de Casablanca, le 7 septembre 2007, à l'occasion des élections législatives. |
Les bureaux de vote ont ouvert leurs portes à 8 heures ce vendredi 7 septembre, dans les villes et les villages du Maroc, en vue de l'élection des 325 membres de la Chambre des Représentants.
A midi, les responsables des bureaux annonçaient avoir reçu plus de deux millions de bulletins, sur les 15,5 millions d'électeurs inscrits, a indiqué le Ministère de l'Intérieur.
Abdul Rahman Ashour, un employé du service de la communication au Ministère de l'Intérieur, a indiqué que selon les premiers rapports reçus toutes les deux heures en provenance des différentes régions et circonscriptions, l'ouverture des bureaux de vote s'était déroulée dans des conditions normales.
Les électeurs inscrits peuvent retirer leurs cartes d'électeurs toute la journée dans les bureaux de vote de leurs circonscriptions respectives. Les quelque 38 687 bureaux répartis sur l'ensemble du territoire devraient rester ouverts jusqu'à 19 heures, à moins que le Ministère de l'Intérieur ne décide de prolonger les élections dans la soirée, pour permettre à un plus grand nombre d'électeurs d'accomplir leur devoir.
Malgré une faible participation enregistrée durant la matinée dans les bureaux de vote de Casablanca, certains présidents et coordinateurs considèrent ces premiers chiffres comme encourageants. Les électeurs se sont déplacés en plus grand nombre après la prière de midi, et leur nombre devrait encore augmenter en fin d'après-midi, lorsque les citoyens regagneront leurs domiciles.
Le président d'un bureau de vote dans la circonscription de Anfa a confirmé que ces élections se passaient dans le calme et de manière organisée, et que les électeurs votaient dans le secret le plus absolu.
Mohammad Salem, un employé à la retraite, a déclaré qu'il attendait beaucoup de ces élections. Depuis l'indépendance, il faisait confiance à l'un des partis en lice pour améliorer les conditions de vie dans le pays. Ce parti, dont il préfère taire le nom, "nous a laissé tomber. C'est la raison pour laquelle, je parie aujourd'hui sur de nouvelles figures pour assurer cette mission."
Mohammad Nouefal affirme que ces élections sont une opportunité de voter pour un programme dans l'espoir qu'il soit mis en oeuvre. Il souligne que la situation actuelle au Moaroc requiert la solidarité de toutes les forces vives de la société, et pas seulement des partis, pour qu'il puisse y avoir un réel changement au service du pays.
Hasan al-Wafi, un barbier, ne s'est pas rendu dans sa ville de Settat pour aller voter. "Je ne pense pas que ces élections apporteront du nouveau. Je n'avais donc aucune raison de quitter un travail qui me fournit mon pain quotidien pour aller voter pour des gens que je ne connais même pas", affirme-t-il.
Un citoyen est allé retirer sa carte électorale pour pouvoir accomplir ce qu'il appelle son "devoir". "Cette journée est très importante pour nous, Marocains, parce que nous avons vraiment besoin de gens responsables pour servir ce pays. Nous espérons qu'ils seront mieux que leurs prédécesseurs."
Un coordinateur officiel explique que les électeurs présents dans les bureaux à 8 heures ce matin étaient de tous âges et de toutes conditions sociales. Soulignant que les élections se sont déroulées dans des conditions tout à fait normales et de manière très organisée, il affirme avoir même vu des personnes malades s'être déplacées pour aller voter.
Le Ministère de l'Intérieur a indiqué que les premiers résultats, basés sur des messages SMS envoyés par 22 000 personnes présentes dans les bureaux de vote dans l'ensemble du pays seront communiqués samedi à 18 heures, et que les résultats définitifs sont attendus dimanche.
Une mission d'observateurs internationaux, accompagnée d'une délégation du Conseil Consultatif des Droits de l'Homme, devrait publier un rapport préliminaire sur le déroulement du processus électoral dans la matinée de samedi, et un rapport détaillé une semaine après les élections.