06/09/2007
Alors que la date des élections du 7 septembre se rapproche, la question qui préoccupe de nombreux Marocains est de savoir s'ils se sentent ou non concernés.
Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 06/09/2007
![]() [Getty Images] Les jeunes Marocains ne sont pas encore sûrs de leur choix lors de ces élections. |
A la veille des élections législatives au Maroc, les citoyens restent divisés : certains estiment que le vote est un devoir civique, d'autres pensent qu'il ne sert à rien.
El Batoul Bakkali, une enseignante, a déclaré à Magharebia que le taux de participation lors de ces élections sera la question la plus importante. Selon elle, l’Etat a donné des signes forts relatifs à la garantie de la transparence des élections. "Je crois que tout va changer après cette date fatidique", affirme-t-elle. "Je pense que les urnes vont pouvoir dégager des surprises et démontreront quels sont les partis politiques les plus impliqués sur le terrain."
De nombreux Marocains partagent l'opinion de Mme Bakkali. Certains estiment que le contrôle par le Conseil Consultatif des Droits de l'Homme et d'autres instances nationales et internationales a redonné confiance aux Marocains et les incitera à aller voter en grand nombre. Aymen Amrani, étudiant en droit, déclare que ces élections pourraient être une réelle occasion pour les Marocains, en particulier les jeunes, de se réconcilier avec la politique. "C’est une étape importante que vit le Maroc en ce moment. Il s’agit d’un rendez-vous décisif qui va tracer le destin de notre société", affirme-t-il
Samir Aâgi, ingénieur en informatique, affirme que les grands perdants seront sans aucun doute les partis du gouvernement, qui "étaient épaulés par l’Etat lors de chaque échéance électorale. A l’heure actuelle, en garantissant la transparence de l’opération électorale, les résultats vont sûrement changer."
Même son de cloche chez Nora Sellami, une avocate. Pour elle, les citoyens ont remarqué une très forte diminution de la corruption. "Par conséquent, les résultats qui ont été façonnés en grande partie par l’utilisation de l’argent sale vont être modifiés au profit d’autres partis, notamment de gauche."
En revanche, certains Marocains continuent de bouder la politique en général, et les élections en particulier. Certains estiment que les élections n'ont jamais rien changé dans leur vie, et ils ne voient aucune raison de voter.
"Quand j'avais 18 ans, je ne votais pas parce que je ne connaissais pas l'importance du vote. J'étais trop occupé par les plaisirs de la jeunesse et par les blagues à faire sur les candidats", déclare Mounaim, un traducteur. "Mais en vieillissant, j'en suis venu à penser avec une grande conviction que les candidats ne font que de fausses promesses." Il affirme "très improbable" le fait d'aller voter vendredi. "L'un des points fondamentaux est la corruption du système judiciaire, les recours pour le moindre petit litige", explique-t-il.
Un jeune diplômé affirme: "Les choses bougent, et j'ai appris qu'il fallait faire du bruit pour que les choses changent. Ma voix ne fera peut-être pas une grande différence aujourd'hui, mais… les gens doivent comprendre qu'il faut s'y mettre à plusieurs."