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La campagne électorale atteint le Sahara

04/09/2007

Dans un climat de grande rivalité, les principaux candidats au Sahara Occidental ne lésinent pas sur les moyens pour mener leur campagne électorale, qui ne semble pas être altérée par le conflit du Sahara.

Par Imrane Binoual pour Magharebia à Casablanca – 04/09/2007

[Imrane Binoual] Les partisans de l'USFP manifestent à Laâyoune.

Les partis politiques marocains ont entamé leur campagne au Sahara Occidental, en tenant des meetings publics sur la Place Oum Saad de Laâyoune, la Place de l’Allégeance, et dans d'autres lieux publics en vue des élections législatives du 7 septembre. Des groupes folkloriques de musique moderne, des chants traditionnels hassani et des chansons populaires de "shikhat" animent les soirées.

Dans cette campagne électorale, tous les moyens sont utilisés pour séduire les électeurs: des expositions de dromadaires, des défilés de dizaines de 4x4. Ces manifestations attirent chaque soir des milliers de gens sur les différentes places de la capitale du Sahara, à tel point que quelques-uns ont pu prédire à Magharebia quels candidats emporteront le maximum de voix le jour de l'élection.

Les candidats de quatre grands partis sont en concurrence pour le vote sarahoui: le Mouvement Populaire (proche des agriculteurs et des Amazighes), le Parti pour la Justice et le Développement (islamiste), l’Union Socialiste des Forces Populaires (socialiste) et le Parti de l’Istiqlal (parti conservateur créé avant l’indépendance du Maroc). Au total, quinze listes se disputeront les trois sièges de Laâyoune.

Si la campagne électorale semble se dérouler à Laâyoune comme dans les différentes régions du pays, selon Fadil Ouald Dadah, un habitant de la ville, en revanche, "la campagne électorale dans cette région se distingue par le rôle déterminant de l’appartenance à la tribu qui joue plus que le programme électoral présenté par chaque liste. C’est pourquoi nous constatons le déroulement d’une campagne parallèle en direction des shoukhs (chefs de tribus) et des autres leaders influents sur ces groupes."

Abdelamajid Belghazal, un responsable politique de gauche, relève "la tendance des partis à placer sur leurs listes des candidats appartenant à différentes tribus. Les candidats ont dépassé leurs différences d’antan opposant les différentes tribus pour se concentrer sur le pari des élections… Les prétendants de certains partis politiques, notamment ceux qui ont les plus d’argent, ont marqué cette campagne par un haut degré de professionnalisme et la mobilisation d’importants moyens logistiques".

Il estime que la campagne se déroule dans de bonnes conditions, car elles "mettent de côté la crainte de voir se constituer des cellule pro-Polisario (RASD), annoncées il y a quatre mois, qui viendraient altérer le processus de la campagne". Même une lettre du responsable du Polisario Abdelaziz Marrakchi, envoyée au Secrétaire Général des Nations-Unies une semaine avant le début de la campagne, reste sans effet, selon M. Belghazal. "Durant les premiers jours de la campagne peu de tracts – très petits - ont été distribué par quelques jeunes appelant au boycott des élections", a-t-il expliqué à Magharebia.

La participation des femmes dans cette campagne est importante. "Des femmes universitaires, des poètes… et des femmes de toutes les catégories se portent candidates. Plusieurs partis politiques ont choisi de placer des femmes sahraouies sur leur listes nationales", déclare Sami Reddad, ajoutant que "les quatre imprimeries de la ville de Laâyoune procèdent quotidiennement à l’impression de plus d’un million de tracts et d’affiches pour la campagne au niveau de cette ville. Les agences de location de voiture ont dû procéder à la location de voitures d’autres villes pour répondre à la demande des partis politiques voulant assurer le maximum de moyens logistiques nécessaires pour leur campagne".