03/09/2007
En préparation des élections législatives du 7 septembre, les partis politiques marocains ont annoncé des programmes visant plus que jamais les jeunes et les femmes. Nombre d'entre eux envisagent de renforcer les services publics pour ces segments de l'électorat, dans l'espoir à la fois de s'assurer de leurs votes et de favoriser leur intégration dans la société.
Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 03/09/2007
![]() [Sarah Touahri] Les partis politiques visent les femmes et les jeunes dans leurs campagnes pour les élections du 7 septembre. |
Ces dernières semaines, les partis politiques marocains ont consacré la plus grande partie de leur campagne et de leurs calendriers aux jeunes et aux femmes. Les programmes post-électoraux que les partis mettent en avant envisagent de promouvoir le statut des femmes et d'offrir des moyens de permettre aux jeunes de réaliser leurs potentiels.
Les secrétaire général du Parti pour le Progrès et le Socialisme, Ismail Alaoui, a déclaré que son parti envisageait de se pencher sur les besoins des femmes et des jeunes parce qu'ils sont encore marginalisés. Il a affirmé que le fait de les motiver et de les impliquer dans la vie et dans la politique de la nation sera un garant du progrès et de la justice au Maroc.
Pour les jeunes, les partis redoublent d'assurances en matière de chômage, qui figure dans les plates-formes de chacun des partis. Les autres propositions destinées aux jeunes concernent la vie quotidienne. Ainsi, le PPS met-il l'accent sur les activités culturelles pour les jeunes et l'extension des réseaux de centres culturels tels que les musées, les bibliothèques, les conservatoires et les théâtres.
L'Union Socialiste des Forces Populaires a mis en avant un certain nombre de mesures, dont un engagement à créer un centre national d'information pour les jeunes. L'accès à ce centre sera réglementé par l'émission de cartes d'identité spécifiques pour les jeunes, leur accordant des remises dans les transports publics au Maroc et à l'étranger, et des billets à tarif réduit dans les théâtres, les cinémas et les camps de vacance. Istiqlal a mis en avant des mesures similaires, promettant d'offrir des incitations fiscales et des tarifs spéciaux pour certaines des services utilisés par les jeunes, comme les transports, le tourisme intérieur, les centres d'information, les cinémas pour la jeunesse et les soins de santé. Il envisage également d'accorder la priorité aux services locaux par rapport aux projets à plus grande échelle.
Le Parti pour la Justice et le Développement, quant à lui, estime que les jeunes Marocains ont besoin d'un programme national spécial destiné à les impliquer pleinement dans le développement socio-économique et politique du pays. Au nombre de ses projets figure une plus grande participation dans des clubs pour la jeunesse, pour la faire passer de 15,2 à 20 pour cent.
Les engagements en faveur de la situation des femmes sont aussi variés que ceux visant les jeunes, mais ils se centrent avant tout sur les soins de santé pour les mères et l'égalité sexuelle. Nabila Mounib, du Parti Socialiste Unifié, affirment que des réformes politiques doivent être entreprises pour consolider les progrès déjà accomplis, faire de l'égalité sexuelle la norme et améliorer l'accès des femmes aux postes de décision.
L'USFP souhaite mettre en place un Haut Conseil de l'Egalité, qui fera office d'instance consultative, de source de nouvelles propositions et de cadre d'institutionnalisation du dialogue entre tous les acteurs, y compris l'Etat, les partis politiques, les groupements de femmes et les associations juridiques et d'employeurs.
Istiqlal a proposé des mesures, dont la création d'un fonds d'aide mutuel familial pour les femmes divorcées et leurs enfants, et la propagation de centres à vocation multiple pour aider les femmes des régions rurales.
Le PJD envisage de lutter contre la violence domestique et de traiter toutes les formes d'exploitation des femmes et des enfants. Il s'est également engagé à lutter contre l'illétrisme chez les femmes et à promouvoir l'inscription scolaire des filles. D'autres propositions incluent un engagement à protéger la santé des femmes et de leurs familles, et l'adoption d'une politique de santé efficace destinée aux mères et à leurs enfants.